La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Théâtre

Trissotin ou les Femmes savantes

de Molière
mise en scène Macha Makeïeff
  • [Théâtre]

Dates

mardi 23 avril
mercredi 24 avril
jeudi 25 avril
vendredi 26 avril
samedi 27 avril
dimanche 28 avril
mardi 30 avril
jeudi 2 mai
vendredi 3 mai
samedi 4 mai
dimanche 5 mai
mardi 7 mai
mercredi 8 mai
jeudi 9 mai
vendredi 10 mai

Dans le contexte très contemporain de la lutte acharnée des femmes pour leur émancipation, Macha Makeïeff se devait de prendre sa part. Elle a choisi de le faire par l’humour, parfois jusqu’au délire, avec le secours de Molière et de ses Femmes savantes.

« L’Illimité du désir féminin », par Macha Makeïeff

« Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes,
De cette indigne classe où nous rangent les hommes. »

« Jouer Les Femmes savantes c’est évidemment le plaisir de retrouver la langue et l’humeur de Molière, à qui il reste une année à vivre lorsqu’il interprète cette pièce quasi testamentaire. Un homme fatigué, trahi, admiré et détesté – vie privée, vie publique – mais qui garde son insolence et son goût de la provocation des ordres établis, qui se rappelle Gassendi et les élans hédonistes de sa jeunesse au Collège de Clermont, refuse le sectarisme et les esprits étroits, et rit des travers d’une famille bourgeoise qui va sens dessus-dessous.

Plus que la misogynie, latente ou explicite que Molière fait entendre, c‘est cette terreur que provoque chez les hommes l’illimité du désir féminin qui m’a intriguée – ici désir de savoir, de science, de rêverie et de pouvoir – et plus encore le désarroi masculin qui en découle. Ici, les excès des femmes, chimère érotomane de la tante, folie sectaire de la mère et de la fille aînée, rébellion ardente de la cadette, insolence sauvage de la cuisinière, envahissent dangereusement et délicieusement l’espace domestique. La maison Chrysale vrille. Les femmes de la maison se perdent dans les impasses d’une émancipation impuissante face à un mari dépassé et pleutre, un frère manipulateur, un amant hésitant et un intrus, parasite cynique et séducteur. Un vent de folie et de désastre souffle sur la maison.
Car il y a des complots, spéculations, petits intérêts à défendre du côté masculin. Membres de la famille pique-assiettes et installés dans la maison et séduisants prédateurs venus de l’extérieur, ils rivalisent pour tenir la place. Même l’amour ou ce qui en tient lieu est l’objet de calculs, de manipulations en tous genres. Les hommes ne s’en sortent pas mieux que les femmes. Ils sont presque égaux en douleur, en impuissance, en confusion dans ce combat permanent qui pourrait facilement transformer en tragédie cette comédie au verbe fort et haut. Un verbe qui ne s’arrête jamais et qui demande des interprètes virtuoses et hantés.
Dans cette maison hallucinée, seuls la ruse, la fiction, le mensonge, le stratagème, le rire, la musique et quelques artifices – c’est-à-dire le théâtre et ses armes – viendront à bout de la folie et de ses tourbillons. »

Distribution

de Molière
mise en scène, décor et costumes Macha Makeïeff

avec Marie-Armelle Deguy, Arthur Deschamps, Karyll Elgrichi en alternance avec Louise Rebillaud, Caroline Espargilière, Vanessa Fonte, Arthur Igual en alternance avec Philippe Fenwick, Valentin Johner, Jeanne-Marie Levy en alternance avec Anna Steiger, Ivan Ludlow, Geoffroy Rondeau, Pascal Ternisien, Vincent Winterhalter

lumières Jean Bellorini assisté d’Olivier Tisseyre
son Xavier Jacquot
coiffures et maquillage Cécile Kretschmar assistée de Judith Scotto
arrangements musicaux Macha Makeïeff, Jean Bellorini

assistants à la mise en scène Gaëlle Hermant, Camille de la Guillonnière
assistante à la scénographie et accessoires Margot Clavières
construction d’accessoires Patrice Ynesta

assistante aux costumes Claudine Crauland
régisseur général André Neri
iconographe Guillaume Cassar
diction Valérie Bezançon
fabrication du décor Atelier Mekane

Production

La Criée – Théâtre national de Marseille

Coproduction

Festival des Nuits de Fourvière, Théâtre Gérard Philipe – Centre dramatique national de Saint-Denis, Centre dramatique national Orléans / Centre – Val de Loire, Théâtre Olympia – Centre dramatique régional de Tours, spectacle créé aux Nuits de Fourvière à Lyon en juin 2015

 

Avec le soutien de

Dans les médias

C’est intelligent et réussi. On découvre ainsi la pièce dans ses pulsions de vie secrètes bien au-delà du machisme présumé de Molière. Et c’est épatant.

Télérama

Avec ce "Trissotin ou Les Femmes savantes", la directrice du Théâtre de la Criée, à Marseille, offre un spectacle totalement réussi, dont le succès ne se dément pas depuis sa création en 2015. Le talent visuel et plastique de Macha Makeïeff est ici particulièrement éclatant, de même que son sens du burlesque, mais ils s’accompagnent d’une lecture de la pièce on ne peut plus fine et pertinente. Ce qui est beau ici, c’est la manière dont le talent formel de Macha Makeïeff et son propos se nouent indissolublement. À ce théâtre-là, qui requiert une précision du corps comme du maniement de l’alexandrin moliérien, il faut des interprètes hors pair. Ils le sont, les premiers rôles en tête.

Le Monde - Fabienne Darge, 14 janvier 2019

Un pur régal qui se savoure d’un bout à l’autre de la pièce où se joue tambour battant l’antique bras de fer entre nature et culture, la guerre des sexes et la lutte acharnée des femmes.

Les Inrocks

Macha Makeïeff dépoussière la pièce de Molière avec une adaptation burlesque et féministe.

Libération

Un Molière féroce baigné de pop culture. Rarement une mise en scène aura permis de mettre ainsi en relief tous les aspects d’un texte, superbe, profond et d’une férocité extrême. Et celle de Macha Makeïeff est d’une précision telle qu’elle nous montre chacun dans ce qu’il a de sensible et de névrotique, de touchant et d’insupportable.

La Provence

La directrice de La Criée à Marseille conserve le côté acide de la comédie, mais dissout son côté misogyne en plaçant les deux sexes sur le même pied d’hystérie et d’angoisse. La distribution est sans fausse note. Chacun joue avec la même intensité la carte de la farce et de la cruauté - hommes et femmes au bord de la crise de nerf, à force de vouloir tout contrôler.

Les Echos

On ne se lasse pas de cette grande comédie immortelle, qu’elle se déroule hier ou aujourd’hui, elle touche, émeut, fait rire.

Le Figaroscope

Macha Makeïeff ose le passage du Grand Siècle aux années 70, et cette transposition judicieuse fait formidablement écho à la fois à la folie d’émancipation des "femmes savantes" et au désir de liberté des jeunes générations fuyant le diktat parentaux.

La Terrasse

Mise en scène alerte où Macha Makeïeff verse dans le burlesque avec mesure, joue des situations qu’elle pousse aux limites avec un bonheur évident et communicatif, certains gags sont franchement hilarants. Macha Makeïeff ménage des plages bouleversantes où tombent les masques de la comédie. La profondeur, l’intelligence de cette mise en scène, outre son acuité, réside sans doute ici, de ne pas verser absolument et tambour battant dans la comédie et le burlesque mais de savoir se poser, freiner l’élan pour prendre le temps de la réflexion. Et dans cette réussite les comédiens ont la part belle qui, tous, inventifs et dans un esprit de troupe, jouent leur partition complexe avec brio.

Un fauteuil pour l'orchestre - Denis Sanglard, 12 avril 2019

Il ne nous suffira pas de dire l’intelligence de la lecture de la pièce ; il nous faut aussi rendre compte de la première expérience du spectateur qui consiste en un magnifique spectacle. La scénographie est inventive, tri-dimensionnel et splendide. La pièce est hilarante. L’utilisation d’objets soutenant les personnages, leurs propos et figurant les relations entre eux est géniale. Les savantes sont inoubliables. Le reste de la troupe est au diapason. Et, le burlesque construit par Makeïeff dessoude l’ordre patriarcal sous nos yeux ravis, dans une satire désaltérante du genre humain.

Toutelaculture.com - David Rofé-Sarfati, 13 avril 2019

J’ai été enchantée par l’intelligence du parti pris de Macha Makeïeff. J’étais de celle qui croyait que la pièce était un peu misogyne. Grâce à la metteuse en scène, j’ai compris que c’était beaucoup plus complexe que cela.

France Culture, La Dispute - Fabienne Pascaud, 22 avril 2019

Ce qui fonctionne très bien est la manière dont Macha Makeïeff s’empare de ce texte pour en faire quelque chose de très incarné.

France Culture, La Dispute - Lucile Commeaux

Galerie photo

Rencontres avec l'équipe du spectacle

JEUDI 18 AVRIL, 22h15

La représentation sera suivie d’une conversation entre la metteure en scène Macha Makeïeff et les psychanalistes François Regnault et Hervé Castanet.

JEUDI 25 AVRIL, 23H15

Maison hallucinée, ruse,  mensonge, stratagème, rire… Pour en savoir sur la folie de Trissotin et de ses « Femmes savantes », rencontrez toute l’équipe à l’occasion d’un bord de scène à l’issue de la représentation.

Micro-ateliers autour du spectacle

Pour les jeunes spectateurs (les collégiens à partir de la 3e et les lycéens) qui ont envie de travailler joyeusement leur théâtre classique en venant voir Trissotin ou les Femmes savantes pendant les vacances de printemps, venez participer à la série de quatre micro-ateliers animés par Françoise Gomez, inspectrice de lettres honoraire, chargée de mission pour le théâtre à Paris.

Les ateliers auront lieu quatre soirs du mois d’avril à 17h, avant les représentations.

Pour vous inscrire, envoyez un mail à groupes@lascala-paris.com


PROGRAMME DES ATELIERS
Durée : 1h

Molière, portraits de femmes

Une promenade à voix haute, à travers l’œuvre de Molière, à partir des types proposés par Les Femmes savantes. Elle prépare au spectacle, mais sans rien en dévoiler !

  • mercredi 24 avril à 17h : La visionnaire
    Quand Molière explore les pouvoirs de l’imagination.
  • jeudi 25 avril à 17h : La prude
    Les femmes et la question de la sexualité.
  • jeudi 2 mai à 17h : Mères et belles-mères
    On connaît le pouvoir des pères sur le mariage des filles. Mais quel est le jeu des mères, et des belles-mères, dans la négociation matrimoniale ?
  • vendredi 3 mai à 17h : Femmes de condition et femmes du peuple (durée : 2h)
    Bourgeoises grandes et petites, aristocrates, servantes… Les rapports de classes traversent-ils aussi les femmes ?
* réservation obligatoire, les ateliers sont ouverts uniquement aux personnes ayant acheté un billet pour le spectacle Trissotin ou les Femmes savantes

Biographie

Macha Makeïeff

Auteure, metteur en scène, plasticienne, Macha Makeïeff dirige La Criée, Théâtre National de Marseille. Après des études de littérature et d’histoire de l’art à la Sorbonne, à l’Institut d’art de Paris et le Conservatoire de Marseille, Macha Makeïeff rejoint Antoine Vitez qui lui confie sa première mise en scène. Elle crée avec Jérôme Deschamps une compagnie et plus de vingt spectacles de théâtre joués en France comme à l’étranger. Ils fondent ensemble Les Films de mon Oncle, pour le rayonnement de l’œuvre du cinéaste Jacques Tati, et réalisent pour Canal+ Les Deschiens. Macha Makeïeff crée l’exposition rétrospective Jacques Tati, 2 Temps 3 Mouvements à la Cinémathèque française, expose au Musée des Arts Décoratifs de Paris, à Chaumont-sur-Loire, à la Grande Halle de La Villette, à Carré d’Art, à la Fondation Cartier où elle a créé Péché Mignon, performance réjouissante en 2014, et intervient dans différents musées. À La Criée, elle crée Les Apaches ; Ali Baba, met en scène Lumières d’Odessa de Philippe Fenwick, puis Trissotin ou les Femmes Savantes de Molière, le triptyque Les Âmes offensées (Les Inuit ; Les Soussou ; Les Massaï) selon les carnets de l’ethnologue Philippe Geslin ; enfin elle crée La Fuite ! de Mikhaïl Boulgakov qui fait l’objet d’un film. Macha Makeïeff conçoit les décors et costumes de ses créations. Elle a réalisé les costumes de La Bonne Âme du Se-Tchouan, de Kroum, de Karamazov et d’Erismena, de Rodelinda, de Un instant de Jean Bellorini, de Bouvard et Pécuchet de Jérôme Deschamps, de Sarah Bernhardt Fan Club de Juliette Deschamps à Perm, en Russie. À l’opéra, elle a monté Les Brigands d’Offenbach, L’Enlèvement au Sérail de Mozart au Festival d’art Lyrique d’Aix-en-Provence, puis Mozart Short Cuts au Théâtre Gérard Philipe, La Veuve joyeuse de Franz Lehar, Moscou-Tchériomouchki de Chostakovitch à l’Opéra de Lyon ; La Calisto de Cavalli, au Théâtre des Champs-Élysées, L’Étoile de Chabrier, Zampa de Hérold à l’Opéra Comique, Les Mamelles de Tirésias de Poulenc à l’opéra de Lyon et collabore avec John Eliott Gardiner, William Christie, Louis Langrée, Christophe Rousset… Elle publie aux éditions du Chêne, Séguier, Seuil et Actes Sud. Elle a dirigé une compagnie de théâtre, a été directrice artistique du Théâtre de Nîmes, soutient le Pavillon Bosio, école d’art et de scénographie. Son spectacle Trissotin ou les Femmes savantes de Molière, après une tournée en Chine en mars 2018, est présenté à La Scala Paris en avril 2019. La Fuite ! de Boulgakov, création 2017, est repris cette saison. Macha Makeïeff réalise la scénographie de l’exposition Éblouissante Venise au Grand Palais (de septembre 2018 à janvier 2019), invente un drapeau pour la Fondation Cartier et l’exposition Boltanski à Shanghai. Elle prépare Lewis versus Alice, son prochain spectacle, autour de Lewis Carroll qui sera créé l’été 2019, ainsi qu’un opéra de John Adams pour l’Opéra de Lyon. CRI-CRI, la revue de La Criée qu’elle a imaginée, est sortie en janvier 2019.

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