La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Théâtre

Trissotin ou les Femmes savantes

de Molière
mise en scène Macha Makeïeff
  • [Théâtre]

Dates

mercredi 10 avril
jeudi 11 avril
vendredi 12 avril
samedi 13 avril
mardi 16 avril
mercredi 17 avril
jeudi 18 avril
vendredi 19 avril
samedi 20 avril
dimanche 21 avril
mardi 23 avril
mercredi 24 avril
jeudi 25 avril
vendredi 26 avril
samedi 27 avril
dimanche 28 avril
mardi 30 avril
jeudi 2 mai
vendredi 3 mai
samedi 4 mai
dimanche 5 mai
mardi 7 mai
mercredi 8 mai
jeudi 9 mai
vendredi 10 mai

Dans le contexte très contemporain de la lutte acharnée des femmes pour leur émancipation, Macha Makeïeff se devait de prendre sa part. Elle a choisi de le faire par l’humour, parfois jusqu’au délire, avec le secours de Molière et de ses Femmes savantes.

« L’Illimité du désir féminin », par Macha Makeïeff

« Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes,
De cette indigne classe où nous rangent les hommes. »

« Jouer Les Femmes savantes c’est évidemment le plaisir de retrouver la langue et l’humeur de Molière, à qui il reste une année à vivre lorsqu’il interprète cette pièce quasi testamentaire. Un homme fatigué, trahi, admiré et détesté – vie privée, vie publique – mais qui garde son insolence et son goût de la provocation des ordres établis, qui se rappelle Gassendi et les élans hédonistes de sa jeunesse au Collège de Clermont, refuse le sectarisme et les esprits étroits, et rit des travers d’une famille bourgeoise qui va sens dessus-dessous.

Plus que la misogynie, latente ou explicite que Molière fait entendre, c‘est cette terreur que provoque chez les hommes l’illimité du désir féminin qui m’a intriguée – ici désir de savoir, de science, de rêverie et de pouvoir – et plus encore le désarroi masculin qui en découle. Ici, les excès des femmes, chimère érotomane de la tante, folie sectaire de la mère et de la fille aînée, rébellion ardente de la cadette, insolence sauvage de la cuisinière, envahissent dangereusement et délicieusement l’espace domestique. La maison Chrysale vrille. Les femmes de la maison se perdent dans les impasses d’une émancipation impuissante face à un mari dépassé et pleutre, un frère manipulateur, un amant hésitant et un intrus, parasite cynique et séducteur. Un vent de folie et de désastre souffle sur la maison.
Car il y a des complots, spéculations, petits intérêts à défendre du côté masculin. Membres de la famille pique-assiettes et installés dans la maison et séduisants prédateurs venus de l’extérieur, ils rivalisent pour tenir la place. Même l’amour ou ce qui en tient lieu est l’objet de calculs, de manipulations en tous genres. Les hommes ne s’en sortent pas mieux que les femmes. Ils sont presque égaux en douleur, en impuissance, en confusion dans ce combat permanent qui pourrait facilement transformer en tragédie cette comédie au verbe fort et haut. Un verbe qui ne s’arrête jamais et qui demande des interprètes virtuoses et hantés.
Dans cette maison hallucinée, seuls la ruse, la fiction, le mensonge, le stratagème, le rire, la musique et quelques artifices – c’est-à-dire le théâtre et ses armes – viendront à bout de la folie et de ses tourbillons. »

Distribution

de Molière
mise en scène, décor et costumes Macha Makeïeff

avec Marie-Armelle Deguy, Karyll Elgrichi en alternance avec Louise Rebillaud, Caroline Espargilière, Vanessa Fonte, Arthur Igual en alternance avec Philippe Fenwick, Valentin Johner, Jeanne-Marie Levy en alternance avec Anna Steiger, Ivan Ludlow, Bertrand Poncet, Geoffroy Rondeau, Pascal Ternisien, Vincent Winterhalter

lumières Jean Bellorini assisté d’Olivier Tisseyre
son Xavier Jacquot
coiffures et maquillage Cécile Kretschmar assistée de Judith Scotto
arrangements musicaux Macha Makeïeff, Jean Bellorini

assistants à la mise en scène Gaëlle Hermant, Camille de la Guillonnière
assistante à la scénographie et accessoires Margot Clavières
construction d’accessoires Patrice Ynesta

assistante aux costumes Claudine Crauland
régisseur général André Neri
iconographe Guillaume Cassar
diction Valérie Bezançon
fabrication du décor Atelier Mekane

Production

La Criée – Théâtre national de Marseille

Coproduction

coproduction Festival des Nuits de Fourvière, Théâtre Gérard Philipe – Centre dramatique national de Saint-Denis, Centre dramatique national Orléans / Centre – Val de Loire, Théâtre Olympia – Centre dramatique régional de Tours, spectacle créé aux Nuits de Fourvière à Lyon en juin 2015

 

Avec le soutien de

Dans les médias

C’est intelligent et réussi. On découvre ainsi la pièce dans ses pulsions de vie secrètes bien au-delà du machisme présumé de Molière. Et c’est épatant.

Télérama

Un pur régal qui se savoure d’un bout à l’autre de la pieèce où se joue tambour battant l’antique bras de fer entre nature et culture, la guerre des sexes et la lutte acharnée des femmes.

Les Inrocks

Macha Makeïeff dépoussière la pièce de Molière avec une adaptation burlesque et féministe.

Libération

Un Molière féroce baigné de pop culture. Rarement une mise en scène aura permis de mettre ainsi en relief tous les aspects d’un texte, superbe, profond et d’une férocité extrême. Et celle de Macha Makeïeff est d’une précision telle qu’elle nous montre chacun dans ce qu’il a de sensible et de névrotique, de touchant et d’insupportable.

La Provence

La directrice de La Criée à Marseille conserve le côté acide de la comédie, mais dissout son côté misogyne en plaçant les deux sexes sur le même pied d’hystérie et d’angoisse. La distribution est sans fausse note. Chacun joue avec la même intensité la carte de la farce et de la cruauté - hommes et femmes au bord de la crise de nerf, à force de vouloir tout contrôler.

Les Echos

On ne se lasse pas de cette grande comédie immortelle, qu’elle se déroule hier ou aujourd’hui, elle touche, émeut, fait rire.

Le Figaroscope

Macha Makeïeff ose le passage du Grand Siècle aux années 70, et cette transposition judicieuse fait formidablement écho à la fois à la folie d’émancipation des "femmes savantes" et au désir de liberté des jeunes générations fuyant le diktat parentaux.

La Terrasse

Galerie photo

Biographie

Macha Makeieff

Auteure, metteur en scène, plasticienne, Macha Makeïeff dirige actuellement La Criée, Théâtre national de Marseille et s’attache à réunir autour d’une programmation théâtrale exigeante, l’ensemble des activités artistiques qu’elle mène et défend : musiques, images, arts plastiques, pour développer un projet singulier, inscrit dans le tissu urbain de la ville de Marseille dont elle est originaire. Après des études de littérature et d’histoire de l’art à la Sorbonne et à l’Institut d’Art de Paris et le Conservatoire de Marseille, elle rejoint Antoine Vitez qui lui confie sa première mise en scène de théâtre. Elle crée avec Jérôme Deschamps plus de vingt spectacles de théâtre joués en France comme à l’étranger : La Veillée ; Lapin-Chasseur ; C’est magnifique ; Les Pieds dans l’eau ; Les Petits Pas ; Les Étourdis ; La Cour des Grands ; Salle des fêtes, etc… Ils fondent ensemble Les Films de mon oncle, pour le rayonnement de l’œuvre du cinéaste Jacques Tati. Elle est commissaire et scénographe de l’exposition rétrospective Jacques Tati, 2 temps 3 Mouvements, à la Cinémathèque française, a exposé à la Fondation Cartier, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, à Chaumont-sur-Loire, à la Grande Halle de la Villette et intervient dans différents musées. Elle prépare pour 2018 la scénographie d’une exposition au Grand Palais autour de Venise. À La Criée, elle crée Les Apaches ; Ali Baba ; Lumières d’Odessa ; de Philippe Fenwick, Trissotin ou Les Femmes Savantes, de Molière, Les Âmes offensées #1 (Les Inuit) ; #2 (Les Soussou) et #3 (Les Massaï). Elle a réalisé les costumes de La Bonne Âme de Se-Tchouan, de Karamazov et d’Erismena (juillet 2017) dans des mises en scène de Jean Bellorini. Elle a crée récemment les costumes de Bouvard et Pécuchet mis en scène par Jérôme Deschamps et de Sarah Bernhardt Fan Club, de Juliette Deschamps à Perm, en Russie. Ses affinités musicales la font se consacrer à l’opéra où elle met scène avec Jérôme Deschamps, Les Brigands d’Offenbach, L’Enlèvement au sérail de Mozart au Festival Lyrique d’Aix en Provence. Elle a monté Moscou-Tchériomouchki de Chostakovitch, puis Mozart Short Cuts et La Veuve Joyeuse de Franz Lehar, La Calisto de Cavalli. À l’Opéra Comique, elle met en scène L’Étoile de Chabrier, Zampa de Hérold, Les Mamelles de Tirésias de Francis Poulenc. Elle conçoit décors et costumes de ces créations. Elle a réalisé les costumes des Boulingrins, création de Georges Aperghis, de Altre Stelle de Juliette Deschamps pour Anna Caterina Antonacci. Elle publie des essais aux éditions du Chêne, Séguier, Seuil et Actes Sud. Elle a dirigé une compagnie de théâtre, a été directrice artistique du Théâtre de Nîmes, collabore à l’élan du Pavillon Bosio, école de scénographie. En octobre 2017, elle crée La Fuite, comédie fantastique en huit songes, de Mikhaïl Boulgakov.