La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Danse

QUESTCEQUETUDEVIENS?

conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory
  • [Danse]

Dates

mardi 19 mars
mercredi 20 mars
jeudi 21 mars
vendredi 22 mars
samedi 23 mars
mardi 26 mars
mercredi 27 mars
jeudi 28 mars
vendredi 29 mars
samedi 30 mars
dimanche 31 mars

« Une femme qui s’émancipe », par Aurélien Bory

LA RENCONTRE – J’ai rencontré Stéphanie Fuster à Toulouse, avant qu’elle ne parte à Séville en immersion complète dans le flamenco. J’avais été touché par sa sensibilité particulière, sa personnalité étonnante, la radicalité de son choix : tout abandonner pour ne se consacrer qu’à ça. Elle est restée là-bas huit ans à apprendre pour devenir répétitrice, puis danseuse auprès des plus grands. Elle est revenue avec sa danse et m’a demandé de lui écrire un spectacle. J’ai d’abord pensé que cela ne correspondait pas aux axes de mon travail qui tourne principalement autour de la question de l’espace. Je me suis ravisé. Il y avait bien sûr un décalage. Mais ce décalage était aussi présent dans son parcours ; elle qui décide de se confronter à un art adossé à une autre culture, elle qui porte le statut d’intruse dans une discipline connotée. J’ai réalisé peu à peu que c’était son portrait que je voulais faire. Un portait scénique. Imaginer l’espace sur scène qui est celui de son parcours extérieur, et imaginer sa danse, qui est celle de son parcours intérieur, émotionnel. Le flamenco est bien là, avec la guitare de José Sanchez, et le chant d’Alberto Garcia, mais dans un contexte autre, celui d’une femme qui se cherche, qui s’émancipe, qui vit, qui meurt.

« QU’EST-CE QUE TU DEVIENS ? » – Cette question est banale et terrifiante à la fois. Elle dit que le temps a passé, que des changements sont survenus. Elle questionne les choix, impose un bilan immédiat. Elle fige le devenir, qui est par nature un mouvement. Elle est une manifestation d’intérêt pour la personne à laquelle elle s’adresse, d’amour même, et peut être tout aussi bien une manifestation de désintérêt ou de désamour. Elle contient le désespoir de « Qu’es-tu devenu ? » alors que le devenir est pourtant précédé de l’espérance. Elle incite à raconter le connu, le déjà devenu, alors que le devenir nous projette en avant, dans l’inconnu même. Au fond, il est très difficile de répondre à une telle question.

Distribution

conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory

avec Stéphanie Fuster
guitare José Sanchez
chant Alberto Garcia

chorégraphie Stéphanie Fuster

composition musicale José Sanchez

création lumière Arno Veyrat

assistants à la mise en scène Sylvie Marcucci
décor Pierre Dequivre, Arnaud Lucas

sonorisation Stéphane Ley

costumes Sylvie Marcucci

régie générale Arno Veyrat

régie lumière François Dareys

régie son Stéphane Ley

directrice des productions Florence Meurisse

administrateur Clément Séguier-Faucher

chargée de production Justine Cailliau Konkoj

Production

Compagnie 111 – Aurélien Bory

coproduction et résidences

Festival ¡Mira!, TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine / Bordeaux, Théâtre Vidy-Lausanne, avec l’aide du Théâtre Garonne – Scène européenne / Toulouse, Scène nationale – Cavaillon, La Fabrica Flamenca / Toulouse, La Grainerie – Fabrique des arts du cirque et de l’itinérance / Balma, spectacle nommé aux Olivier Awards en janvier 2014, catégorie « Best New Dance Production »

La compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie – ministère de la Culture, la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et la Mairie de Toulouse, elle reçoit le soutien du Conseil Départemental de la Haute-Garonne et de l’Institut Français

Galerie photo

Biographies

Aurélien Bory

Aurélien Bory est né à Colmar en 1972. Après des études de physique à l’Université de Strasbourg qui l’amènent à travailler dans le domaine de l’acoustique architecturale, il intègre en 1995 le studio de création au sein du Lido, Centre des arts du cirque, à Toulouse. Il rencontre au Théâtre Garonne l’artiste Mladen Materic auprès duquel il se forme comme acteur, et intègre sa troupe, le Théâtre Tattoo, en tant qu’interprète dans L’Odyssée de 1998 à 2000. En 2000, il fonde la compagnie 111 à Toulouse. Il y développe un théâtre physique et hybride, mêlant théâtre, danse, cirque, musique et arts visuels. Animées par la question de l’espace, ses œuvres composites à l’esthétique singulière sont influencées par son intérêt pour les sciences et s’appuient fortement sur la scénographie. Tour à tour scénographe, metteur en scène, chorégraphe ou encore plasticien, il pense son œuvre dans le renouvellement de la forme. Nourrie d’influences plastiques, littéraires et cinématographiques aussi diverses que celles de l’écrivain Heinrich von Kleist et son Théâtre de marionnettes, la figure du Bauhaus Oskar Schlemmer ou encore l’acteur de cinéma muet Buster Keaton, son œuvre puise également dans les textes d’auteurs tels que ceux de l’écrivain Georges Perec, qui accompagnent sa réflexion originelle sur l’espace et dont il s’inspire pour Espæce (2016), créée pour la 70e édition du Festival d’Avignon.
Les spectacles d’Aurélien Bory sont présentés dans le monde entier, et cette reconnaissance internationale débute avec Plan B (2003), créé au Théâtre Garonne à Toulouse, et Plus ou moins l’infini (2005) créé au Théâtre Vidy à Lausanne, marqués par la collaboration avec le metteur en scène new-yorkais Phil Soltanoff. Avec IJK (2000), créé au Théâtre de la Digue à Toulouse, ces trois spectacles composent La Trilogie sur l’espace. En 2007, il crée en Chine Les Sept Planches de la ruse avec des artistes de l’Opéra de Dalian. En 2009, il crée au Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées avec deux acrobates et un robot industriel. En 2011 au Grand T à Nantes, il conçoit Géométrie de caoutchouc, pièce pour un chapiteau. Pour Marseille-Provence 2013 – Capitale européenne de la culture, il crée Azimut autour des origines spirituelles de l’acrobatie marocaine, neuf ans après avoir créé Taoub (2004), spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger. En 2008, il initie une série de portraits de femme, avec Questcequetudeviens? créé au Festival ¡Mira! TnBA-Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster (nommé dans la catégorie « Meilleur spectacle de danse » aux Oliviers Awards 2014 à Londres), suivi de Plexus créé en 2012 au Théâtre Vidy à Lausanne pour la danseuse japonaise Kaori Ito (Prix international Applause Joan German Schroeder de la FAD Sebastià Gash de Barcelone, nommé dans la catégorie « Meilleure production de théâtre visuel ou physique » aux Helpmann Awards 2016 à Perth – Australie). En juin 2018, il conclut cette trilogie avec aSH, pièce pour Shantala Shivalingappa créée au festival Montpellier Danse.
Aurélien Bory reçoit en 2008 le prix Créateur sans frontières délivré par CulturesFrance / ministère des Affaires étrangères. Le TNT – Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées dont Aurélien Bory est artiste invité de 2014 à 2016 et le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique à Nantes dont il est artiste associé de 2011 à 2016 l’accompagnent dans son travail et son évolution. Son questionnement sur l’espace l’amène à s’aventurer sur de nouvelles scènes et investir de nouveaux champs artistiques tels que les arts plastiques, l’architecture ou encore l’urbanisme. Après avoir créé l’installation-performance Sans objet pour la Nuit Blanche 2014 à Paris, il est invité par Le Voyage à Nantes pour son édition estivale 2015 où il conçoit sa première installation plastique, Spectacula. C’est à Nantes également qu’il s’essaie à l’urbanisme avec Traverses, reconfiguration du boulevard Léon Bureau sur l’île de Nantes inaugurée en juillet 2016. La même année au Musée Picasso à Paris, il imagine l’installation-performance Corps noir pour l’interprète Stéphanie Fuster. Il a réalisé une scénographie d’exposition, Villes Flottantes, dans le cadre de l’événement Un été au Havre 2017 pour le 500e anniversaire de la ville du Havre et de son port. En octobre 2015, le Théâtre du Capitole à Toulouse lui confie la mise en scène et la scénographie de deux opéras dirigés par Tito Ceccherini : Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók et Il Prigioniero de Luigi Dallapiccola. Pour octobre 2018, sur invitation de l’Opéra Comique, il prépare la mise en scène de Orphée et Eurydice (chef d’orchestre Raphaël Pichon).
Autre expression de sa réflexion sur l’espace, la préfiguration artistique et architecturale qu’il mène à Toulouse pour inventer un nouveau lieu de création dans les murs de l’ancien Théâtre de la Digue.

Stéphanie Sanchez

Danseuse, chorégraphe, auteure, Stéphanie Fuster vit et travaille à Toulouse. Formée en danse depuis son plus jeune âge, elle découvre le flamenco auprès d’Isabel Soler. Elle obtient en 1997 une bourse d’études supérieures chorégraphiques du Ministère de la culture et s’installe à Séville (Espagne) pour approfondir sa formation en flamenco. Là, elle étudie avec les grands maîtres, notamment Manolo Marin, Belen Maya, Andres Marin, Rafaela Carrasco… À partir de 1998, débute sa carrière professionnelle comme danseuse soliste dans les tablaos sévillans traditionnels et au sein de compagnies dans les festivals flamenco internationaux (Bienal de Sevilla, Dusseldorf, Jerez, Perth, Moscou, Barcelone, Istanbul, Paris…). En 2002, elle croise les chemins des chorégraphes Juan Carlos Lérida et Israel Galván dont elle intègre les créations Galvanicas et Maquinas Viejas. Leur influence artistique sera déterminante.
En 2004, elle rentre en France et s’empare à son tour du flamenco, détournant la forme, trahissant la tradition, ne gardant que l’essence, l’énergie vitale qui traverse cet art. En 2006, elle fonde la Fábrica Flamenca, lieu unique à Toulouse, entièrement dédié à la transmission, diffusion et création du flamenco tant traditionnel que contemporain. En 2007, elle signe la chorégraphie du spectacle Le Divan du Tamarít, d’après l’œuvre de Federico Garcia Lorca, de Vicente Pradal et José Manuel Cano. En 2008, Aurélien Bory crée pour elle QUESTCEQUETUDEVIENS?, en tournée depuis lors. La même année elle monte sa propre compagnie. Elle chorégraphie Odisea Flamenca en 2009 et Andanzas en 2013 où elle explore les correspondances du geste flamenco, dansé, chanté, joué, en collaboration avec le guitariste José Sanchez. En 2012, elle écrit la Flamenco Box pour les éditions Milan. En 2015, elle participe à l’opéra Le Château de Barbe Bleue, de Bartók, mis en scène par Aurélien Bory au Théâtre du Capitole. En 2016, elle interprète Corps noir, performance imaginée par Aurélien Bory.

José Sanchez

José Sanchez est guitariste, compositeur, auteur et titulaire du Diplôme d’État de professeur de Musiques Traditionnelles spécialisé en flamenco. Guitariste virtuose attaché à sa culture, il multiplie les rencontres et ne cesse d’explorer à travers son alphabet les zones de contact entre flamenco, musique classique, traditionnelles et courants contemporains. Il signe les compositions musicales de nombreuses et diverses créations qu’il interprète en France (Scènes Nationales), Espagne, Suisse, Angleterre, Allemagne, Italie, Chine, Taïwan dont le portrait écrit pour Stéphanie Fuster Questcequetudeviens?, mis en scène par Aurélien Bory, le spectacle de flamenco contemporain Homoblablatus de la compagnie La Otra Orilla (Canada), les spectacles de flamenco traditionnels et contemporains créés en collaboration avec la danseuse – chorégraphe Stéphanie Fuster, les récitals autour de la tradition ou de la musique minimaliste avec les chanteurs Alberto Garcia et Niñ de Eiche, ou encore la rencontre entre guitare et violon avec le soliste, compositeur et Chef d’orchestre Gilles Colliard.. Il est lauréat du Prix de l’enregistrement musical 2016 pour son ouvrage Soleà, premier volume de la collection L’Œil de la letra aux éditions L’Entretemps / Octavibe, et prépare le second volume, Bulerias. Il intervient dans les instituts d’enseignement supérieur de musique de Bordeaux et de Toulouse, et à La Fábrica Flamenca – Centro Flamenco De Toulouse®. Il donne depuis 2016 des conférences autour du flamenco (première dans le cadre du festival de flamenco de Mont de Marsan). Il compose les albums Chala’o (2005), Sous-entendu (2010), Strates (2014) et la musique de la Flamenco Box des éditions Milan (2012).

Alberto Garcia

Alberto est l’une des plus grandes voix du flamenco en France. À ses débuts en 1997, il partage la scène avec Jean Marais dans L’Arlésienne avec une musique de Bizet arrangée par Catherine Lara. Il participe aux tournées de Le Cid flamenco (mis en scène par Thomas le Douarec) en France (Théâtre La Madeleine, Théâtre Marigny…) et à l’étranger. Il se produit aux côtés des musiciens et danseurs français les plus remarquables. Il est également sollicité pour se produire auprès d’artistes espagnols de grande envergure tels que Curro Fernandez, El Extremeño (chant), Rafael de Carmen, Andrés Peña, Andres Marin, Ramon Martinez, Alfonso Losa, El Mistela, Ana Morales (danse), Oscar Lago, Miguel, Paco et Eugenio Iglesias, Jesus Guerrero , et Canito (guitare), Mariano Campallo… Il partage l’affiche de grands festivals avec des figures telles que Manuel Agujetas, El Cigala, Mercedes Ruiz… et a le privilège de faire la première partie des spectacles d’El Grilo, de la Paquera de Jerez… Ouvert à d’autres influences musicales, il part un mois en Inde avec Mariano Cruceta pour la création Inde fusion, participe à Entre ciel et terre, de Rurkmini Chaterjee, et se produit dans Gipsy Connection produit par Sons du monde, projets dans lesquels il collabore avec des musiciens indiens. En 2006, il est invité par le Grand Orchestre Andalou d’Israël et fait une tournée dans les plus importantes villes de ce pays. En 2011, il participe à l’enregistrement du disque Caja negra de Pierre Bertrand (directeur du Paris Jazz Bigband…) avec lequel il s’était déjà produit à maintes reprises avec des musiciens tels que Louis Winsberg, Minino Garay, Ibrahim Malouf, Stéphane Chausse, Jérôme Regard, Christophe Walemme, Afio Origlio Sylvain Luc… Puis en 2016 à celui de Joy (album inclassable aux Victoires du Jazz) avec lequel il tourne actuellement. Vicente Pradal l’intègre dans sa création El divan del tamarit, mise en scène par José Manuel Cano Lopez, puis en 2008, dans Yerma, son dernier spectacle, créé et joué pendant trois mois à la Comédie-Française à Paris et en tournée dans toute la France. La même année, Alberto participe à la création de Questcequetudeviens?. Fin 2010, Alberto rencontre le pianiste Alexandre Tharaud et ils créent ensemble le duo Scarlatti / Chant flamenco. Il se produit à ses côtés sur la scène de la MC2 de Grenoble dans le cadre du festival Les détours de Babel (nouveau projet des 38e Rugissants et du Grenoble Jazz Festival).