La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Danse

Plexus

conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory
  • [Danse]

Dates

mardi 5 mars
mercredi 6 mars
jeudi 7 mars
vendredi 8 mars
samedi 9 mars
dimanche 10 mars
mardi 12 mars
mercredi 13 mars
jeudi 14 mars
vendredi 15 mars
samedi 16 mars
dimanche 17 mars

Second volet de la trilogie des portraits d’Aurélien Bory, Plexus, créé en 2012, connaît depuis un immense succès sur les plus grandes scènes. La danseuse Kaori Ito co-signe la chorégraphie du spectacle pour lequel Aurélien Bory a créé une nouvelle fois un dispositif scénique à l’incroyable beauté plastique. Cette beauté formelle n’est pas née de l’esprit du metteur en scène mais a surgi, comme une évidence, à l’issue d’un patient travail avec la danseuse autour de l’idée de la marionnette. De cette idée sont restés sinon la figurine, les fils, une infinité de fils tendus comme des lames qui délimitent l’aire de jeu de Kaori Ito. Cette aire de jeu, apparemment contrainte, devient celle de tous les possibles par la grâce du corps et les prouesses physiques de la danseuse et celle d’un jeu de lumière qui modifie comme par magie, jusqu’au vertige, la perception du spectateur. Apparition – disparition, ombre – pleins feux, présence – absence du corps, tout concourt à une intense méditation sur cette force intérieure qui permet à chacun de s’évader de soi.

« Ombre, effacement, disparition », par Aurélien Bory

Encore une fois, j’ai voulu faire le portrait d’une femme, non pas comme on le ferait en peinture, en photographie ou en littérature, arts largement supérieurs dans cet exercice, mais en utilisant le corps et l’espace en tant qu’uniques prismes. Et la danse comme première optique.
Faire un portrait de Kaori Ito à partir des moyens du plateau a été avant tout pour moi un processus. Le dispositif scénique n’était pas une idée de départ. Je l’ai défini à l’issue d’un long travail de recherche après plusieurs semaines de répétitions. Pour les premiers jours, au milieu d’autres matières, j’avais fait fabriquer une marionnette à fils à l’effigie de Kaori Ito, un double très réaliste grandeur nature. « Voici ton professeur de danse », lui avais-je déclaré. Kaori a passé beaucoup d’heures à l’observer et suivre littéralement ses mouvements. Et de ce travail je n’ai gardé que les fils, en les déployant dans tout l’espace. La marionnette est restée dans le corps de Kaori.
Des fils j’ai composé un espace palpable, vivant, d’où un drame métaphysique a émergé. Avec de forts liens avec le Japon. Je n’ai bien sûr pas voulu faire « japonais », mais Kaori vient avec son histoire, mesure aujourd’hui son éloignement. Je ne voulais pas m’en détourner. Certains mythes du Japon, certains motifs récurrents, sont revenus. D’un côté, l’idée du lien avec les ancêtres et avec les morts. D’un autre un rapport au corps, où la beauté est associée à l’ombre, à l’effacement, à la disparition. Plexus se déploie de l’intérieur, de cet endroit anatomique, de ce réseau nerveux qui est un point de vulnérabilité, jusqu’à l’extérieur, l’espace, ici réseau de fils, rappelant l’étymologie latine du mot plexus, entrelacement.
La dramaturgie s’étend alors du tout-intérieur, d’avant la vie, au tout-extérieur d’après la mort, où le corps disparaît, se confond et où l’être rejoint le mythe. J’ai espéré que la danse de Kaori Ito entravée parfois jusqu’à l’immobilité par un espace impossible à danser, puisse nous donner un accès à ce dialogue entre monde intérieur et monde extérieur.
Après la première à Vidy, une journaliste me rappela qu’Isadora Duncan avait déclaré qu’après les longues séances d’immobilité qu’elle s’infligeait, elle avait localisé le ressort central de tout mouvement à l’endroit du plexus. « The solar plexus lifted the body up, towards the au-delà. »

Distribution

conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory

avec Kaori Ito

chorégraphie Aurélien Bory et Kaori Ito
composition musicale Joan Cambon
création lumière Arno Veyrat
plateau et manipulation Tristan Baudoin
sonorisation Stéphane Ley
costumes Sylvie Marcucci
conseiller à la dramaturgie Taïcyr Fadel
conception technique du décor Pierre Dequivre
réalisation décor Atelier de la fiancée du pirate

construction prototype Pierre Gosselin
machinerie Marc Bizet

régie générale Arno Veyrat

Production

Compagnie 111 – Aurélien Bory

Coproduction

Le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique / Nantes, Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse), Théâtre de la Ville-Paris, Le Parvis – Scène nationale Tarbes Pyrénées / Ibos, Les Théâtres de la Ville du Luxembourg, La Coursive – Scène nationale / La Rochelle, Agora – Pôle national des arts du cirque Boulazac Aquitaine, répétitions et résidences Le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique / Nantes, Théâtre Garonne – Scène européenne / Toulouse, Théâtre Vidy-Lausanne (Suisse), avec l’aide L’Usine – Centre national des arts de la rue et de l’espace public / Tournefeuille – Toulouse Métropole

La compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie – ministère de la Culture, la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et la Mairie de Toulouse, elle reçoit le soutien du Conseil Départemental de la Haute-Garonne et de l’Institut Français

Galerie photo

Biographies

Aurélien Bory

Aurélien Bory est né à Colmar en 1972. Après des études de physique à l’Université de Strasbourg qui l’amènent à travailler dans le domaine de l’acoustique architecturale, il intègre en 1995 le studio de création au sein du Lido, Centre des arts du cirque, à Toulouse. Il rencontre au Théâtre Garonne l’artiste Mladen Materic auprès duquel il se forme comme acteur, et intègre sa troupe, le Théâtre Tattoo, en tant qu’interprète dans L’Odyssée de 1998 à 2000. En 2000, il fonde la compagnie 111 à Toulouse. Il y développe un théâtre physique et hybride, mêlant théâtre, danse, cirque, musique et arts visuels. Animées par la question de l’espace, ses œuvres composites à l’esthétique singulière sont influencées par son intérêt pour les sciences et s’appuient fortement sur la scénographie. Tour à tour scénographe, metteur en scène, chorégraphe ou encore plasticien, il pense son œuvre dans le renouvellement de la forme. Nourrie d’influences plastiques, littéraires et cinématographiques aussi diverses que celles de l’écrivain Heinrich von Kleist et son Théâtre de marionnettes, la figure du Bauhaus Oskar Schlemmer ou encore l’acteur de cinéma muet Buster Keaton, son œuvre puise également dans les textes d’auteurs tels que ceux de l’écrivain Georges Perec, qui accompagnent sa réflexion originelle sur l’espace et dont il s’inspire pour Espæce (2016), créée pour la 70e édition du Festival d’Avignon.
Les spectacles d’Aurélien Bory sont présentés dans le monde entier, et cette reconnaissance internationale débute avec Plan B (2003), créé au Théâtre Garonne à Toulouse et Plus ou moins l’infini (2005) créé au Théâtre Vidy à Lausanne, marqués par la collaboration avec le metteur en scène new-yorkais Phil Soltanoff. Avec IJK (2000), créé au Théâtre de la Digue à Toulouse, ces trois spectacles composent La Trilogie sur l’espace. En 2007, il crée en Chine Les Sept Planches de la ruse avec des artistes de l’Opéra de Dalian. En 2009, il crée Sans objet au Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées avec deux acrobates et un robot industriel. En 2011, au Grand T à Nantes, il conçoit Géométrie de caoutchouc, pièce pour un chapiteau. Pour Marseille-Provence 2013 – Capitale européenne de la culture, il crée Azimut autour des origines spirituelles de l’acrobatie marocaine, neuf ans après avoir créé Taoub (2004), spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger. En 2008, il initie une série de portraits de femme, avec Questcequetudeviens? créé au Festival ¡Mira! TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster (nommé dans la catégorie « Meilleur spectacle de danse » aux Oliviers Awards 2014 à Londres), suivi de Plexus créé en 2012 au Théâtre Vidy à Lausanne pour la danseuse japonaise Kaori Ito (Prix international Applause Joan German Schroeder de la FAD Sebastià Gash de Barcelone, nommé dans la catégorie « Meilleure production de théâtre visuel ou physique » aux Helpmann Awards 2016 à Perth en Australie). En juin 2018, il conclut cette trilogie avec aSH, pièce pour Shantala Shivalingappa créée au Festival Montpellier Danse.
Aurélien Bory reçoit en 2008 le prix Créateur sans frontières délivré par CulturesFrance / Ministère des affaires étrangères. Le TNT – Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées, dont Aurélien Bory est artiste invité de 2014 à 2016, et le Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique à Nantes dont il est artiste associé de 2011 à 2016 l’accompagnent dans son travail et son évolution. Son questionnement sur l’espace l’amène à s’aventurer sur de nouvelles scènes et investir de nouveaux champs artistiques tels que les arts plastiques, l’architecture ou encore l’urbanisme. Après avoir créé l’installation-performance Sans objet pour la Nuit blanche 2014 à Paris, il est invité par Le Voyage à Nantes pour son édition estivale 2015 où il conçoit sa première installation plastique, Spectacula. C’est à Nantes également qu’il s’essaie à l’urbanisme avec Traverses, reconfiguration du boulevard Léon Bureau sur l’île de Nantes inaugurée en juillet 2016. La même année au Musée Picasso à Paris, il imagine l’installation-performance Corps noir pour l’interprète Stéphanie Fuster. Il a réalisé une scénographie d’exposition, Villes Flottantes, dans le cadre de l’événement Un été au Havre 2017 pour le 500e anniversaire de la ville du Havre et de son port. En octobre 2015, le Théâtre du Capitole à Toulouse lui confie la mise en scène et la scénographie de deux opéras dirigés par Tito Ceccherini : Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók et Il Prigioniero de Luigi Dallapiccola. Pour octobre 2018, sur invitation de l’Opéra Comique, il prépare la mise en scène de Orphée et Eurydice (chef d’orchestre Raphaël Pichon).
Autre expression de sa réflexion sur l’espace, la préfiguration artistique et architecturale qu’il mène à Toulouse pour inventer un nouveau lieu de création dans les murs de l’ancien Théâtre de la Digue.

Koari Ito

Kaori Ito est née au Japon, et étudie le ballet classique dès l’âge de 5 ans. À 20 ans, elle part à New York pour intégrer la section danse de l’Université Purchase. De retour à Tokyo, elle obtient un diplôme de sociologie et décroche une bourse pour repartir à New York dans le cadre du Programme d’étude international pour les artistes du gouvernement japonais. Elle étudie à l’Alvin Ailey Dance Theater. Dès 2003, elle tient le premier rôle dans la création de Philippe Decouflé Iris puis intègre le Ballet Preljocaj pour Les 4 saisons. En 2006, elle danse dans Au revoir Parapluie, de James Thierrée, et collabore avec lui sur Raoul et Tabac Rouge. Elle assiste ensuite Sidi Larbi Cherkaoui, pour le film Le Bruit des gens autour avec Léa Drucker et devient soliste dans l’opéra de Guy Cassiers House of the sleeping beauties. En 2008, elle crée son premier spectacle Noctiluque à Vidy-Lausanne. En 2009, elle présente sa deuxième création Solos au Merlan à Marseille. Ce spectacle sera recréé pour la Biennale de Lyon en 2012. Island of no Memories naît en 2010 lors du concours (Re)connaissance. Il obtient le 1er prix et est sélectionné pour le programme Modul-Dance du réseau EDN. En 2012, avec Plexus, Aurélien Bory lui consacre un portrait, dont elle co-signe la chorégraphie. Après avoir dansé avec Alain Platel dans Out of Context, Kaori Ito crée Asobi, produit par Les Ballets C de la B. En 2014, elle crée La religieuse à la fraise avec Olivier Martin-Salvan dans le cadre des Sujets à vif au Festival d’Avignon. Artiste polymorphe, elle réalise également des vidéos (Carbon Monoxide, 2004 ; The Sea is calm, 2006 ; Niccolini, 2008 avec James Thierrée, Damien Jalet et Niklas Ek), des peintures et collabore régulièrement au théâtre avec notamment Edouard Baer et Denis Podalydès : Le Cas Jekyll 2 ; Le Bourgeois Gentilhomme de Molière, L’homme qui se hait, d’Emanuel Bourdieu et Lucrèce Borgia, de Victor Hugo pour la Comédie-Française. En 2015, elle crée Je danse parce que je me méfie des mots, duo avec son père sculpteur au Japon. Elle reçoit le prix Nouveau talent chorégraphie de la SACD et est nommée chevalier de l’ordre des Arts et des lettres.