Petite salle
13 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris
  • Musique

Labyrinthe

David Greilsammer
  • [Album]
  • [AuxArmesMusiciens]
  • [Piano]

Dates

vendredi 11 décembre Petite salle

« J’avais quinze ans, il me semble. Une nuit de printemps pourtant sereine, calme, quelques chants d’oiseaux nocturnes au loin. L’aboiement étonnant d’un chien, peut-être perdu, résonnait comme un appel mystérieux, une prémonition étrange. Souhaitait-il me dire quelque chose ? Aujourd’hui encore, je peux entendre la voix exaltée et intense de l’animal. Petit à petit, le sommeil m’enveloppait. Tout semblait harmonieux et pourtant, cette nuit-là allait devenir un moment décisif, un moment qui m’a changé et m’a poussé à être la personne que je suis aujourd’hui. Le rêve est apparu brusquement. Il n’y eut aucune initiation, aucune préface, aucune esquisse en amont. J’étais là, debout, entouré par les murs de ce labyrinthe, immense, imposant, infini. Je n’avais jamais vu un édifice aussi impressionnant – il possédait un aspect tout aussi terrifiant que miraculeux. Une force inexorable m’obligeait à avancer, à marcher, tel un besoin désespéré de chercher. Pour découvrir quoi, exactement ? Une issue ? une échappée ? un signe révélateur ? Je cours, frénétiquement, dans ce labyrinthe interminable, j’ouvre des portes, je reviens sur mes pas, j’avance, je me perds, j’ai peur, le temps s’accélère, tout est irréel, incertain, dense. Je marche pendant des heures, peut être des semaines, peut-être des années. Me suis-je définitivement égaré ? Je m’arrête, essoufflé, je recommence, je me hâte, je tombe, je perds mes moyens. Soudain, j’entends des sons, étranges, abstraits, attirants, je les laisse me guider, me prendre par la main. Non, ce n’est pas une mélodie. Ce sont les fragments de nombreuses sonorités qui se dévisagent, comme des étoiles qui se croisent, qui se parlent. Elles m’éclairent le chemin, elles m’entrainent vers le centre du labyrinthe.
Nous y voici. Le moment de la rencontre est arrivé. C’était inévitable. Je l’attendais.
Ce rêve, ou ce cauchemar, revint me hanter, continuellement, pendant de longues années. Il ne me lâcha pas, entraînant d’innombrables insomnies, émois et doutes. Il remit en question des certitudes, des sentiments et des croyances. Naturellement, j’en parlais à certaines personnes, mais les questions restaient et les apparitions du rêve s’accéléraient. Un jour, désorienté, je décidai de ne plus en parler. Plutôt, il fallait que je me mette à la recherche de ce labyrinthe, que j’essaie de le reconstruire, de le faire exister. Oui, ce besoin brûlait en moi. La seule manière d’avancer était de le créer, musicalement, en essayant de réinventer ces fragments de musique que j’entendais lors de mon périple, presque nuit après nuit. Cela était devenu une nécessité. C’est ainsi, après plusieurs années de réflexion et de recherches acharnées, que ce programme vit le jour. Comme dans tout voyage initiatique, ce n’est pas la vérité que je recherchais. Plutôt, je souhaitais m’approprier ce labyrinthe et découvrir ses secrets, ses couleurs, comme lors de l’apparition d’une fresque antique, après plusieurs millénaires. Je ne saurai jamais si j’ai réellement trouvé les pièces musicales qui sont apparu dans mon songe, ni dans quel ordre elles sont arrivées. Mais je sais que petit à petit, le rêve a disparu, comme un lointain souvenir qui s’efface, pour disparaître dans l’horizon de la mémoire. »
David Greilsammer

Programme

Leoš Janáček : Le Hibou ne s’est pas envolé !, issu de Sur un Sentier Recouvert 
Jean-Baptiste Lully : Passacaille, issu d’Armide 
Leoš Janáček : Les mots me manquent !, issu de Sur un sentier recouvert 
Ludwig van Beethoven : Bagatelle op. 126 n°4 
George Crumb : Le Cercle magique de l’Infinité”, issu de Makrokosmos 
Ludwig van Beethoven : Bagatelle op. 126 n°5 
Erik Satie : Pièce Froide n°2 
C.P.E. Bach : Fantaisie en ré mineur 
Erik Satie : Pièce Froide no.3 
Enrique Granados : L’Amour et la Mort, issu de Goyescas 
György Ligeti : Étude « En Suspens »
J.S. Bach : Contrapunctus I, de L’Art de la Fugue 
György LigetiÉtude « Fanfares »
Ofer Pelz : Repetition Blindness chapitre I – création française
Marin Marais : Le Labyrinthe,pour viole de gambe- arrangement pour piano – création
Ofer Pelz : “Repetition Blindness » chapitre II – création française
Alexandre Scriabin Nuances
Jean-Féry Rebel : Chaos pour orchestre arrangement pour piano – création française
Alexandre Scriabin : Vers la flamme

Distribution

David Greilsammer Piano

Avec le soutien de

Dans les médias

Un récital fascinant et courageux

The New York Times

Biographie

David Greilsammer

Sacré Révélation aux Victoires de la Musique et distingué à cinq reprises par le New York Times, David Greilsammer est reconnu comme l’un des artistes les plus audacieux de sa génération. Chef d’orchestre et pianiste, il porte une affection particulière aux projets innovants, à la création contemporaine et aux passerelles entre les arts et les cultures.
Parus chez Vanguard, Naïve et Sony Classical, les enregistrements de David Greilsammer ont été primés par de nombreuses récompenses en Europe et aux États-Unis. Le programme de son disque Scarlatti : Cage: Sonatas, qui présente une rencontre inédite entre les sonates de Domenico Scarlatti et de John Cage, a récemment été loué par la presse internationale et donné dans plus de cinquante villes à travers le monde.
Depuis de longues années, David Greilsammer est reconnu pour ses interprétations des œuvres de Mozart, un compositeur auquel il a consacré plusieurs albums. À Paris, David Greilsammer a créé l’événement en interprétant en une journée « marathon » l’intégrale des sonates pour piano, et plus récemment en dirigeant du piano les vingt-sept concertos de Mozart, en une seule saison.
Mis à part son rôle de Directeur musical et artistique du Geneva Camerata – un orchestre aventureux qui crée des projets singuliers et novateurs –  David Greilsammer s’est récemment produit comme chef et comme soliste avec le BBC Philharmonic Orchestra, l’Orchestre Symphonique de San Francisco, le Philharmonique de Radio-France, le Tokyo Metropolitan Symphony, l’Orchestre National de Pékin, le Hong Kong Sinfonietta, l’Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, l’Orchestre National du Mexique et le Jerusalem Symphony Orchestra.
Ses récitals en solo, présentant toujours des programmes éclectiques et novateurs, ont été donnés au Concertgebouw d’Amsterdam, au Lincoln Center de New York, au Kennedy Center de Washington, au Wigmore Hall de Londres, Théâtre du Châtelet à Paris, au Verbier Festival, au Suntory Hall de Tokyo, au Théâtre de la Cité Interdite à Pékin, à la Biennale de Venise et à la Elbphilharmonie de Hambourg.
Nommé Labyrinthe, le nouveau récital de David Greilsammer a été décrit par la presse américaine comme « fascinant et courageux ». Ce programme insolite, qui fait l’objet d’un nouvel album chez Naïve, sera également donné en tournée à travers l’Europe, l’Asie et les États-Unis.