Grande salle
13 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris
  • Danse

Je danse parce que je me méfie des mots

Kaori Ito et Hiroshi Ito
  • [Danse]
  • [Danse contemporaine]

« Quand je rentre au Japon, mon père veut toujours danser avec moi des danses de salon. Cela m’a toujours gêné mais maintenant je suis prête à danser avec lui en public, à le retrouver sur un plateau.
Que les retrouvailles de nos corps de même sang et différents, le sien modelé par la sculpture et le mien par la danse, fassent bouger l’espace.
Je veux recréer une rencontre avec mon père, comme pour retrouver quelque chose de  perdu. Une rencontre à la fois artistique et humaine, la rencontre de deux êtres séparés  par des milliers de kilomètres et par une sorte d’éloignement culturel. »
Kaori Ito

L’amour autrement

« En Mars 2011, l’année du Tsunami, après 10 ans d’absence, j’ai revu ma chambre à Tokyo, chez mes parents. Elle n’a pas changé depuis mes 20 ans. Mes parents l’ont laissé telle qu’à l’époque. Ensuite, j’ai vu les photos de moi dans le salon. Cela m’a donné la sensation d’être comme une morte dans cette maison. Comme si, depuis mon départ, ils gardaient mes affaires intactes pour conserver la fille qu’ils avaient auparavant, quand j’étais encore au Japon, comme si le temps s’était arrêté depuis mon départ.
J’ai toujours tenté de plaire à mon père. J’ai donc travaillé toute ma vie afin qu’il soit content de moi. Petite, il me disait ce que je devais faire. Avant, j’écoutais ses conseils artistiques avec respect, mon père est sculpteur au Japon. Il représentait quelqu’un que j’admirais, quelqu’un qui détenais une vérité et j’exécutais scrupuleusement ce qu’il me disait de faire. Parfois ses remarques étaient très profondes, comme celle-ci : « il ne faut  pas que tu bouges dans l’espace, mais que ta danse fasse bouger l’espace. »
Mon père a toujours voulu conserver son autorité sur moi, peut-être pour que je reste sa  fille. Maintenant que je suis loin, que je me réalise, je me sens paradoxalement plus proche de lui artistiquement, mais trop loin affectivement. Aujourd’hui, je réalise que c’est lui qui cherche à me plaire. Maintenant, il me respecte comme danseuse. Il me reconnaît comme professionnelle et c’est pour cela qu’il veut danser avec moi.
La distance nous oblige à manifester l’amour autrement, de manière plus subtile. Au Japon, on ne montre pas ses sentiments. Lorsqu’une famille est réunie dans le même pays, l’intimité existe du fait de se voir et de vivre des choses ensemble, mais vivant à l’autre bout du monde, on a la sensation de devenir étranger à sa propre famille, on perd une relation concrète.
Peut-être que le dessein de ce spectacle est la danse que nous ferons ensemble, après avoir dit ce qui peut l’être par la parole. Parce qu’au Japon on se méfie des mots. »
K.I.

Distribution

Avec Kaori Ito (fille) et Hiroshi Ito (père)
Texte, mise en scène et chorégraphie – Kaori Ito
Collaboration à la chorégraphie – Gabriel Wong
Dramaturgie et soutien à l’écriture – Julien Mages
Scénographie – Hiroshi Ito
Lumière – Arno Veyrat
Musique – Joan Cambon
Design sonore – Adrien Maury
Conception des masques et regard extérieur – Erhard Stiefel
Costumes – Duc Siegenthaler (Haute École d’Art et de Design de Genève)
Coaching acteurs – Jean-Yves Ruf
Coaching vocal – Alexis Gfeller
Assistance artistique – Aurore Thibout
Directrice de production – Améla Alihodzic
Diffusion – Coralie Guibert
Administration de tournée Lucila Piffer

Dans les médias

Plus proche d’une famille de danse-théâtre où l’on retrouve au coude à coude James Thierrée, Alain Platel, Aurélien Bory et Denis Podalydès, Kaori Ito (…) a imposé une page spectaculaire humaniste et émotionnelle, dédiée à son père et à leur relation.

Rosita Boisseau – Le Monde

Entreprise d’exorcisme, exercice de maïeutique. Et surprise heureuse : ce qui était exposé sous forme de poncif dans le titre s’incarne avec intensité, à plusieurs reprises, sur le plateau. Je danse parce que je me méfie des mots est bien un drame de la communication dans lequel il s’agit d’apprendre à libérer les mots pour apprivoiser le silence.

Ève Beauvallet - Libération

La pièce de Kaori Ito est lente, d'une lenteur nécessaire, pudique, traversée des fulgurances de sa danse de chat écorché et de formes fugitives de Butô. Une belle pièce cathartique qui nous questionne et nous émeut.

Jean Barak – La Provence

Ces deux-là écrivent la plus délicate des histoires d’amour (…). Je danse parce que je me méfie des mots est une histoire de retrouvailles, c’est-à-dire aussi la possibilité d’un adieu.

Alexandre Demidoff – Le Temps

Je danse parce que je me méfie des mots est une œuvre bouleversante qui articule danse et conversation dans un dialogue entre la danseuse chorégraphe Kaori Ito et son père, à ses côtés pour l’occasion. (…) Seule la scène pouvait sacraliser une telle histoire d’amour, qui est aussi une histoire d’amour de l’art. Le lien unique unissant le père à la fille, il appartient dorénavant au public d’en conserver la mémoire.

Alice Bourgeois - Mouvement

Galerie photo

Production

Compagnie Himé

Coproductions et accueils en résidence :
Le Théâtre Garonne scène européenne – Toulouse
Le Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines – Scène Nationale
Les Théâtres de la ville de Luxembourg
La Ménagerie de verre – Paris
L’ADC de Genève (Suisse)
Le Lieu Unique – Nantes
Le Klap Maison pour la danse – Marseille
L’avant-Scène – Scène conventionnée de Cognac
Le Channel – Scène nationale de Calais
La Filature – Scène nationale de Mulhouse
Fondation Sasakawa (Japon)

Biographie

Kaori Ito

Née au Japon, Kaori Ito étudie le ballet classique dès l’âge de 5 ans. À 20 ans, elle part à New York pour intégrer la section danse de l’Université́ Purchase. De retour à Tokyo, elle obtient un diplôme de sociologie et décroche une bourse pour repartir à New York dans le cadre du Programme d’Etudes Internationales pour les artistes du gouvernement japonais. Elle étudie à l’Alvin Ailey Dance Theater.

Dès 2003, elle tient le premier rôle dans la création de Philippe Decouflé, Iris puis intègre le Ballet Preljocaj pour Les 4 saisons. En 2006, elle danse dans Au revoir Parapluie de James Thierrée et collabore avec lui sur Raoul et Tabac Rouge. Elle assiste ensuite Sidi Larbi Cherkaoui, pour le film Le bruit des gens autour avec Léa Drucker et devient soliste dans l’opéra de Guy Cassiers ; House of the sleeping beauties.

En 2008, elle crée son premier spectacle Noctiluque à Vidy-Lausanne. En 2009, elle présente sa deuxième création Solos au Merlan à Marseille. Ce spectacle sera recrée pour la biennale de Lyon en 2012. Island of no memories, naît en 2010 lors du concours (Re)connaissance. Il obtient le 1er prix et est sélectionné́ pour le programme Modul-Dance du réseau EDN.

En 2012, avec Plexus Aurélien Bory lui consacre un portrait, dont elle co-signe la chorégraphie. Après avoir dansé avec Alain Platel dans Out of Context, Kaori Ito crée Asobi, produit par Les Ballets C de la B. En 2014, elle crée La religieuse à la fraise avec Olivier Martin Salvan dans le cadre des Sujets à vif au Festival d’Avignon.

Artiste polymorphe, elle réalise également des vidéos (Carbon Monoxide-2004, The sea is calm– 2006, Niccolini-2008 avec James Thierrée, Damien Jalet et Niklas Ek), des peintures et collabore régulièrement au théâtre avec notamment Edouard Baer et Denis Podalydès (Le Cas Jekyll 2, Le Bourgeois Gentilhomme de Molière, L’homme qui se hait d’Emanuel Bourdieu et Lucrèce Borgia de Victor Hugo) pour la Comédie Française.

En 2015, elle crée Je danse parce que je me méfie des mots, duo avec son père sculpteur au Japon. Elle reçoit le prix Nouveau talent chorégraphie de la SACD et est nommée chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Kaori travaille également avec Alejandro Jodorowsky dans Poesía sin fin, sorti pour la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2016, et dans Ouvert la nuit d’Édouard Baer.

En 2017, elle conçoit pour le festival Antigel à Genève Embrase-Moi, une performance sur l’amour avec son compagnon Théo Touvet. Elle travaille en ce moment sur son prochain solo, Robot, l’amour éternel (création en janvier 2018).

 

Hiroshi Ito

Hiroshi Ito vit et travaille en tant que sculpteur à Tokyo au Japon. Il débute sa carrière par le théâtre, la mise en scène et la scénographie. Cette création est l’occasion pour lui de remonter sur une scène quittée il y a 50 ans. Diplômé d’un master des Beaux-Arts et de Musique option sculpture en 1974, il réalise des installations composées de terre, bois ou pigments qui s’inscrivent dans les sillons du Land Art et prennent place principalement en milieu urbain ou naturel. Il « désigne » à Tokyo les placards de rue du quartier de Ginza, conçoit des installations pour Tokyo Disneyland et la société de bières EBISU, crée les statues du zoo et des trophées pour les Music Awards japonais.

En 1997, Il est invité en résidence de deux mois par le LAPIN TAIDETOIMIKUNTA ART COUNCIL OF LAPLAND en Finlande.

En 2013, il est invité par le CAAA, Centro para os Assuntos da arte e arquitectura pour une

résidence d’un mois et une exposition à Guimaraes au Portugal.