La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Musique

Intégrale 3

avec Momo Kodama et Lorenzo Soulès
Intégrale - Festival de l'IRCAM à La Scala Paris
  • [Musique contemporaine]

Dates

samedi 6 avril

Perspectivæ Sintagma I (littéralement « ouvrage de perspective ») constitue le premier versant d’un dyptique fondé sur diverses de mes préoccupations actuelles, en particulier celles touchant le traitement du temps musical. Le sous-titre « canons » indique qu’un certain nombre de techniques compositionnelles du passé — en particulier médiéval — est à l’origine de l’œuvre. La relation à ces techniques du passé fait bien sûr l’objet d’une objectivation historique et critique, et s’applique à des domaines de l’activité temporelle jusqu’alors séparés (mesure, métrique, rythmique). Le terrible phantasme évoqué par Leopardi dans Zibaldone, cité par Massimo Cacciari dans ?PAN, « géométriser toute la vie » entre en résonance avec les insaisissables figures de Wentzel Jamnitzer, gravées en 1568, dans son ouvrage auquel j’ai emprunté le titre.

Cette présence de la perspective touche bien des domaines de l’œuvre : la perspective consubstantielle au canon, bien sûr ; mais aussi la perspective possible entre l’écriture et l’interprétation. Pendant l’exécution de la pièce, le jeu du pianiste est constamment comparé à la partition idéale, géométrique, stockée dans l’ordinateur. Les décalages infimes entre l’interprète et la partition sont insérés dans un algorithme de composition en temps réel reproduisant par synthèse les mêmes processus que ceux de la partition écrite. La perspective, en quelque sorte, est le véritable sujet du canon, qu’il soit écrit, interprété ou ré-évalué lors de l’exécution.

Distribution

Eric Daubresse, Olivier Pasquet, réalisation informatique musicale Ircam 
Lorenzo Soulès
, piano
Momo Kodama
, piano

Production

Coproduction Ircam-Centre Pompidou, La Scala Paris-Les Petites Heures

Avec le soutien de

Mécène principal de la saison musicale de La Scala Paris

Galerie photo

Programme

« Sonate pour piano n°5 » op. 53, d’Alexandre Scriabine, par Lorenzo Soulès (10’)
« Sonate pour piano n°6 » op. 62d’Alexandre Scriabine, par Momo Kodama (15′)
 « Perspectivae Sintagma I », de Brice Pauset, par Momo Kodama (19’)
« Sonate pour piano n°7 “Messe blanche“ » op. 64, d’Alexandre Scriabine, par Lorenzo Soulès (12’)  

Biographies

Lorenzo Soulès

Né à Lyon dans une famille de musiciens, Lorenzo Soulès s’initie au piano dès l’âge de 3 ans. Il entre à 9 ans au CRR de Paris dans la classe d’Olivier Gardon, où il obtiendra quatre ans plus tard, un Diplôme d’Etudes Musicales. Il choisit alors de poursuivre sa formation à la Hochschule für Musik und Tanz Köln, auprès de Pierre-Laurent Aimard et Tamara Stefanovich. Parallèlement il se rend régulièrement à Barcelone pour approfondir l’intégrale d’Iberia (I. Albeniz) avec la grande Alicia de Larrocha. En 2012, il a alors 20 ans, Lorenzo  remporte le prestigieux concours de  Genève en faisant l’unanimité absolue auprès du jury et du public, et en raflant tous les prix : Premier Prix, Prix du public, Prix du jeune public, Prix Air France KLM et Prix Coup de Cœur Breguet, qui lui offre la possibilité d’enregistrer son premier disque (Nascor Nov 2012), une belle carte de visite, qu’il consacre à Mozart, Beethoven, Brahms et Scriabine. Cet enregistrement, récompensé par un ffff de Télérama est également salué par France Musique, les revues Diapason et Pianiste. “… bien au-delà de la perfection technique, le jeu pianistique de Lorenzo Soulès dégage une noblesse d’émotions et une plénitude aux climats crépusculaires de l’âme, une maîtrise des élans démoniaques réfrénés, que le programme de son récital met particulièrement en valeur”. Cet enregistrement est également Choix de France Musique.  La saison 2017/18 l’a vu se produire à Radio France, à Genève, au Festival Messiaen au Pays de la Meije, au Klavierfestival Ruhr ou au Festival du Périgord noir. La saison 2018-2019 le conduira notamment au Portugal dans le cadre de la Fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne et en Allemagne. 

Momo Kodama

Née à Osaka au Japon, Momo Kodama, comme sa soeur Mari, a grandi en Allemagne puis en France et suivi les cours du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Momo Kodama s’est perfectionnée auprès des plus grands maîtres : Murray Perahia, András Schiff, avant de devenir, en 1991, la plus jeune lauréate  du Concours international ARD de Munich. Elle a été invitée à jouer avec les plus grands orchestres dans le monde entier. En 2017-2018, parallèlement à une carrière prolifique au Japon, son pays natal, Momo est invitée par le Düsseldorf Symphoniker avec sa soeur Mari, avec qui elle joue régulièrement en concerto et en récital à deux pianos, notamment au Muziekgebouw d’Amsterdam où le duo a fait ses débuts en mars 2018.