La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Musique

Intégrale 3

avec Momo Kodama et Lorenzo Soulès
Festival Intégrale à La Scala Paris avec l’Ircam
  • [Musique contemporaine]

Perspectivæ Sintagma I (littéralement « ouvrage de perspective ») constitue le premier versant d’un dyptique fondé sur diverses de mes préoccupations actuelles, en particulier celles touchant le traitement du temps musical. Le sous-titre « canons » indique qu’un certain nombre de techniques compositionnelles du passé en particulier médiéval est à l’origine de l’œuvre. La relation à ces techniques du passé fait bien sûr l’objet d’une objectivation historique et critique, et s’applique à des domaines de l’activité temporelle jusqu’alors séparés (mesure, métrique, rythmique). Le terrible phantasme évoqué par Leopardi dans Zibaldone, cité par Massimo Cacciari dans ?PAN, « géométriser toute la vie » entre en résonance avec les insaisissables figures de Wentzel Jamnitzer, gravées en 1568, dans son ouvrage auquel j’ai emprunté le titre.

Cette présence de la perspective touche bien des domaines de l’œuvre : la perspective consubstantielle au canon, bien sûr ; mais aussi la perspective possible entre l’écriture et l’interprétation. Pendant l’exécution de la pièce, le jeu du pianiste est constamment comparé à la partition idéale, géométrique, stockée dans l’ordinateur. Les décalages infimes entre l’interprète et la partition sont insérés dans un algorithme de composition en temps réel reproduisant par synthèse les mêmes processus que ceux de la partition écrite. La perspective, en quelque sorte, est le véritable sujet du canon, qu’il soit écrit, interprété ou ré-évalué lors de l’exécution.

Distribution

réalisation informatique musicale Ircam  – Centre Pompidou, Éric Daubresse, Olivier Pasquet
piano Lorenzo Soulès, Momo Kodama

Production

coproduction

Ircam – Centre Pompidou, La Scala Paris – Les Petites Heures

Avec le soutien de

Mécène principal de la saison musicale de La Scala Paris

 

Galerie photo

Programme

Sonate pour piano n°5 op. 53, d’Alexandre Scriabine, par Lorenzo Soulès (10’)
Sonate pour piano n°6 op. 62, d’Alexandre Scriabine, par Lorenzo Soulès (15′)
Perspectivae Sintagma I, de Brice Pauset, par Momo Kodama (19’)
Sonate pour piano n°7 « Messe blanche » op. 64, d’Alexandre Scriabine, par Momo Kodama (12’)  

Biographies

Lorenzo Soulès

Né à Lyon dans une famille de musiciens, Lorenzo Soulès s’initie au piano dès l’âge de 3 ans. Il entre à 9 ans au CRR de Paris dans la classe d’Olivier Gardon, où il obtiendra quatre ans plus tard, un Diplôme d’Études Musicales. Il choisit alors de poursuivre sa formation à la Hochschule für Musik und Tanz Köln, auprès de Pierre-Laurent Aimard et Tamara Stefanovich. Parallèlement il se rend régulièrement à Barcelone pour approfondir l’intégrale d’Iberia (I. Albeniz) avec la grande Alicia de Larrocha. En 2012, il a alors 20 ans, Lorenzo remporte le prestigieux concours de Genève en faisant l’unanimité absolue auprès du jury et du public, et en raflant tous les prix : Premier Prix, Prix du public, Prix du jeune public, Prix Air France KLM et prix Coup de cœur Breguet, qui lui offre la possibilité d’enregistrer son premier disque (Nascor novembre 2012), une belle carte de visite, qu’il consacre à Mozart, Beethoven, Brahms et Scriabine. Cet enregistrement, récompensé par un « ffff » de Télérama est également salué par France Musique, les revues Diapason et Pianiste. «… bien au-delà de la perfection technique, le jeu pianistique de Lorenzo Soulès dégage une noblesse d’émotions et une plénitude aux climats crépusculaires de l’âme, une maîtrise des élans démoniaques réfrénés, que le programme de son récital met particulièrement en valeur ». Cet enregistrement est également Choix de France Musique. La saison 2017-2018 l’a vu se produire à Radio France, à Genève, au Festival Messiaen au Pays de la Meije, au Klavierfestival Ruhr ou au Festival du Périgord noir. La saison 2018-2019 le conduira notamment au Portugal dans le cadre de la Fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne et en Allemagne.

Momo Kodama

Née à Osaka, Momo Kodama a étudié au Conservatoire de Paris et suivit, entre autres, les conseils de Tatiana Nikolaeva, András Schiff et Murray Perahia. En 1991, elle fut la plus jeune lauréate du Concours International ARD à Münich. Elle a été, depuis, invitée à se produire avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin, Boston Symphony Orchestra, Bayerisches Staatsorchester, NHK Symphony Orchestra, NDR Hamburg, Orchestre de Chambre de Paris, Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Royal Liverpool Philharmonic Orchestra, Orchestre Philharmonique de Radio France, sous la direction de Seiji Ozawa, Eliahu Inbal, Charles Dutoit, Kent Nagano, Lawrence Foster, Roger Norrington et André Prévin. Momo Kodama s’est distinguée dans l’interprétation des œuvres majeures du XXe siècle français, en particulier Olivier Messiaen, qu’elle interprète en récital et en musique de chambre, dans les grandes salles du monde entier (Musikverein, Wigmore Hall, Konzerthaus (Berlin), Muziekgebouw (Amsterdam), Philharmonie de Paris, Théâtre des Champs-Élysées, Auditorium de Radio France, Tokyo City Opera) et dans les festivals (Marlboro, Verbier, Tivoli, Schleswig-Holstein, Saint-Denis, Lucerne, La Roque d’Anthéron, Lucerne, ce dernier où elle créé le cycle des Études pour piano de Hosokawa). Elle enregistre pour ECM : deux CDs, l’un réunissant les œuvres de Ravel, Takemitsu et Messiaen, et le deuxième consacré aux Études de Debussy et Hosokawa, ont été salués par la critique internationale, tout comme l’enregistrement du concerto pour deux pianos de Martinu avec sa sœur Mari, sorti sur le label Pentatone. Au Japon, elle reçoit le Prix Saji Keizo de la Fondation Suntory pour son engagement dans la musique d’aujourd’hui et a créé à La Bellevilloise à Paris un programme en hommage à Debussy, « Claude, es-tu là ? », repris en tournée en France et en Chine, avec le baryton Josep-Ramon Olivé et l’acteur Pascal Rénéric.