Grande salle
13 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris
  • Théâtre

En attendant Godot

De Samuel Beckett — Mise en scène par Alain Françon
  • [Théâtre]

Dates

vendredi 3 février Grande salle
samedi 4 février Grande salle
dimanche 5 février Grande salle
mardi 7 février Grande salle
mercredi 8 février Grande salle
jeudi 9 février Grande salle
vendredi 10 février Grande salle
samedi 11 février Grande salle
dimanche 12 février Grande salle
mardi 14 février Grande salle
mercredi 15 février Grande salle
jeudi 16 février Grande salle
vendredi 17 février Grande salle
samedi 18 février Grande salle
dimanche 19 février Grande salle
mardi 21 février Grande salle
mercredi 22 février Grande salle
jeudi 23 février Grande salle
vendredi 24 février Grande salle
samedi 25 février Grande salle
dimanche 26 février Grande salle
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mardi 28 mars Grande salle
mercredi 29 mars Grande salle
jeudi 30 mars Grande salle
vendredi 31 mars Grande salle
samedi 1 avril Grande salle
dimanche 2 avril Grande salle
mardi 4 avril Grande salle
mercredi 5 avril Grande salle
jeudi 6 avril Grande salle
vendredi 7 avril Grande salle
samedi 8 avril Grande salle

La première grande pièce de Beckett révèle une inventivité formidable, déployant son humour sauvage à même la scène, à chaque instant du jeu.

Vladimir et Estragon, quelque part à la campagne, à côté d’un arbre, le soir, attendent Godot, dont on ne sait rien, ils n’en savent pas grand-chose non plus et ne se rappellent plus vraiment pourquoi ils l’attendent. Et en attendant ils discutent, se livrent à diverses activités, considèrent l’arbre, le ciel, l’un sa chaussure l’autre son chapeau, à un moment Pozzo et Lucky passent.

Voilà toute l’action d’En attendant Godot : presque rien, une attente. Mais ce presque rien permet, plus radicalement que jamais auparavant dans l’histoire du théâtre, de faire toute la place au simple fait d’être là, à la présence humaine, sur scène, des acteurs.

Distribution

Mise en scène Alain Françon  
Texte Samuel Beckett 
Avec Eric Berger (Lucky) , Philippe Duquesne (Pozzo), André Marcon (Estragon), Gilles Privat (Vladimir) et Antoine Heuillet (Garçon) 
Dramaturgie – Nicolas Doutey  
Assistante à la mise en scène – Franziska Baur  
Décor – Jacques Gabel  
Lumière – Joël Hourbeigt  
Costumes – Marie La Rocca  
Chorégraphie – Caroline Marcadé  
Maquillage, coiffures – Cécile Kretschmar  
Production, Diffusion Anne Cotterlaz 

Dans les médias

Chaque soir, Alain Françon nous fait approcher l'essence de l'art de Beckett en pleine complicité avec ses comédiens célestes

Les Echos

Les comédiens sont, comme toujours chez Alain Françon, remarquables et remarquablement bien conduits

Le Monde

Une mise en scène subtile, joyeuse et millimétrée

L'Humanité

Production

Théâtre des nuages de neige  
Co-productionLes Nuits de Fourvière 

Avec le soutien de

Direction Générale de la Création Artistique du Ministère de la Culture 

Partenariat

 

Biographie

Samuel Beckett – Texte  

Samuel Beckett est né le 13 avril 1906 à Foxrock dans la banlieue sud de Dublin, il est une des figures emblématiques du théâtre absurde.  

Entre 1923 et 1927, Beckett étudie le français, l’anglais et l’italien au Trinity College de Dublin. Bachelor of Arts en poche, il devient lecteur d’anglais à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, à Paris, où il rencontre James Joyce, dont il devient l’ami et le collaborateur. En 1929, il défend la méthode et l’œuvre de Joyce dans son premier ouvrage, un essai critique. Cette rencontre a une profonde influence sur Beckett, qui aide James Joyce dans ses recherches pendant la rédaction de Finnegans Wake. 

 Après plusieurs voyages en Europe, il s’établit à Paris en 1938. Son séjour lui inspire En attendant Godot, qui paraît en 1948. L’œuvre, mise en scène par Roger Blin dans un théâtre parisien, en 1953, marque le début de sa carrière théâtrale. Son œuvre est dès lors marquée par un minimalisme absolu qui contraste drastiquement avec le foisonnement des romans joyciens. Beckett rompt avec le théâtre traditionnel et inaugure une nouvelle ère, celle du théâtre de l’absurde. Finies les longues tirades précieuses, Beckett fait briller une langue crue, concise et lapidaire sous la bouche de Pozzo un clochard qui erre dans un décor sombre et minimaliste.  

Samuel Beckett écrit les romans Molloy, Malone Meurt, L’Innommable (1947-1949), qui mettent en mots la quête du silence et du dépouillement, marquent un tournant dans son œuvre. Puis les pièces Fin de Partie (1954), La Dernière Bande (1958), et Oh les Beaux Jours (1960). Il écrit le scénario d’un film (Film, 1964), dans lequel Buster Keaton tient le rôle d’un personnage muet qui tente de se cacher au regard de tout être vivant. 

En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend toute son élévation dans la destitution de l’homme moderne ».  

Doué d’un talent protéiforme, qui lui permet de s’illustrer tant dans la poésie que dans le roman, aussi bien au théâtre qu’à la radio, à la télévision, au cinéma, voire dans l’essai critique, Beckett s’emploie en fait à convertir cette profusion des dons en rareté de la production, à effacer les frontières entre les genres et entre les arts, à abolir la notion même d’œuvre et à lui substituer celle, volontairement déceptive, de fragment. Tout en éblouissant son public par ces jeux de langage qui vont du simple calembour à la construction syntaxique la plus acrobatique, en passant par les curiosités lexicographiques dont sont hérissés ses romans et ses pièces, il s’impose en définitive comme le moins formaliste des écrivains. Beckett, en effet, cherche plus à exprimer la condition humaine, au sens de Malraux, qu’à se repaître, à la Ionesco, d’une communication en pleine déréliction. Et s’il « épingle » dans l’homme contemporain un pur être de langage, que sa seule parole – ou simplement son débit mental – fait et défait à son gré, sans recours, c’est afin de témoigner sobrement de la tragi-comédie d’être au monde. 

D’octobre 1948 à janvier 1949, quand Samuel Beckett (1906-1989) rédige en Français une de ses pièces de théâtre emblématiques, En attendant Godot, c’est dans un contexte d’après-guerre. À cette époque, les pièces absurdes n’étaient pas comprises, trop expérimentales. La pièce dure deux heures et donne à vivre l’expérience des personnages, leur attente-même. Contre toute attente, En attendant Godot fut l’un des plus grands succès du théâtre d’après-guerre, traduit dans une vingtaine de langues et joué dans le monde entier. C’est avec cette pièce que Beckett est enfin reconnu.  

Le scandale qui entoure la création de En attendant Godot (1953) fait soudain de Beckett la figure de proue de la modernité et lui amène les lecteurs qu’il n’avait pas eus jusqu’alors. En effet, le 5 janvier 1953, En attendant Godot est joué pour la première fois au Théâtre de Babylone, à Paris, dans la mise en scène de Roger Blin. Il n’y a pas grand monde. Près de la moitié des spectateurs quittent la salle à l’entracte. D’autres spectateurs agacés restaient pour contrarier le jeu des acteurs en huant, et en faisant du bruit. Jusqu’au jour où des spectateurs, excédés qu’il « ne se passe rien », en viennent aux mains. La chose se sait, et il n’en faut pas plus pour que tout le monde veuille voir. Le scandale appelle le triomphe : Godot reste plus d’un an à l’affiche.  

« Il ne peut y avoir de discours univoque en littérature, qui fait profession d’équivocité. On l’observe particulièrement chez Beckett, on ne peut pas seulement parler d’attente, il y a forcément des enjeux poétiques, de fabrication des textes et des objets liés au mot attente. »