La Scala
13 Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
  • Danse

aSH

conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory
  • [Danse]

Dates

samedi 16 février
dimanche 17 février
lundi 18 février
mercredi 20 février
jeudi 21 février
vendredi 22 février
samedi 23 février
dimanche 24 février
mardi 26 février
mercredi 27 février
jeudi 28 février
vendredi 1 mars

aSH, créé à Montpellier Danse en juin 2018, a été accueilli par une longue ovation debout. Shantala Shivalingappa y incarne la symbiose parfaite entre un art ancestral, le « kuchipudi » dont elle est la meilleure interprète aujourd’hui, et la danse contemporaine qu’elle sert avec passion depuis ses débuts avec Maurice Béjart. Inspirés par sa beauté, la perfection de sa gestuelle et l’évidence, la charge émotionnelle de sa présence en scène, les plus grands chorégraphes ont écrit pour elle, comme Pina Bausch ou Sidi Larbi Cherkaoui, tandis que les metteurs en scène – Peter Brook, Bartabas, Giorgio Barberio Corsetti- faisaient appel à elles pour hanter leurs spectacles d’une force solaire. aSH est une nouvelle étape dans son travail et le dernier de trois portraits de femme dessinés par Aurélien Bory. aSH comme évidemment la cendre qui va bientôt couvrir son corps et son visage, aSH comme la présence rémanente de la mort qui donne à la vie toute son intensité, aSH comme un chemin à parcourir entre le « kuchipudi » et l’art le plus radical, le plus engagé de la danse d’aujourd’hui. Comme toujours chez Aurélien Bory, le dispositif scénique – ici un océan de papier qui ouvre grand l’imagination du spectateur-, la musique, essentiellement jouée en « livre » par le percussionniste et compositeur Loïc Schild, et les sons qui surgissent mystérieusement du dispositif lui-même et des mouvements de Shantala Shivalingappa, forment une œuvre plastique, théâtrale et chorégraphique sans équivalent sur les scènes.

« L’expérience de la cendre », par Aurélien Bory

Dans Shantala Shivalingappa, il y a Shiva, dieu de la danse. Shiva possède d’après les textes plus de mille noms. Il est un dieu créateur et destructeur. Seigneur des lieux de crémations, il se recouvre le corps de cendres. Shantala Shivalingappa a construit sa danse sur la figure de ce dieu, dont la vibration rythme la manifestation du monde. J’ai demandé à Shantala si elle voulait faire l’expérience de la cendre. La cendre n’est pas uniquement les résidus solides d’une combustion parfaite, elle est un processus. La cendre est un fertilisant. Elle s’inscrit dans un cycle de mort et de naissance. La cendre possède ainsi une potentialité de vie. Est-ce pour cela qu’elle est sacrée en Inde, que les champs de crémations possèdent une énergie particulière, que vie et mort sont une seule chose dans le cycle des réincarnations ? Que fait Shiva ? Il détruit et il danse. J’ai rencontré Shantala Shivalingappa en 2008, dans les couloirs du théâtre, à Düsseldorf chez Pina Bausch. C’était le dernier festival « Drei Wochen mit Pina ». Shantala dansait avec Pina Bausch dans Nefés, elle présentait également un solo et aussi un duo avec Sidi Larbi Cherkaoui. C’est là que Shantala a vu Plus ou moins l’infini. Il s’est passé dans ce lieu une forte convergence, qui me paraît presque irréelle tant elle a réuni d’éléments qui allaient être significatifs dans mon parcours et dans celui de Shantala. Quelque chose allait mourir ici et quelque chose d’autre allait renaître. La danse de Shantala est faite de ce parcours entre le « kuchipudi » et Pina Bausch, entre l’Inde et l’Europe, entre Shiva et Dionysos dont d’aucuns disent qu’ils sont issus d’un seul et même dieu, Shiva ayant été perpétué dans la mythologie hindoue alors que Dionysos, balayé par les cultes monothéistes, était délaissé peu à peu en Europe, dieu errant, dieu du théâtre. Shantala n’a de cesse de réaliser des allers-retours entre Madras où elle est née et Paris où elle vit. Sa danse effectue un balancier perpétuel, quelque part entre mystique hindoue et physique quantique. J’ai imaginé que Shantala Shivalingappa allait danser sur de la cendre pour aSH, dont le titre est composé des initiales et des finales de son nom. aSH est le dernier opus de la trilogie des portraits de femme, dix ans après l’avoir initiée, cette même année 2008 avec QUESTCEQUETUDEVIENS? et poursuivie en 2012 avec Plexus. Dans cette trilogie, je prends comme point de départ non pas l’espace qui est ma question au théâtre, mais une femme, une personne qui a son histoire. Il s’agit d’un être vivant qui se déploie par la danse. Avec aSH, Shantala Shivalingappa danse au-delà d’elle-même. Dans un dispositif de cendres et de vibrations, elle incarne Shiva qui permet au monde de se manifester et à l’espace de danser.

Distribution

conception, scénographie et mise en scène Aurélien Bory

avec Shantala Shivalingappa
percussions Loïc Schild

chorégraphie Shantala Shivalingappa
collaboration artistique Taïcyr Fadel
création lumière Arno Veyrat
composition musicale Joan Cambon
conception technique décor Pierre Dequivre, Stéphane Chipeaux-Dardé
costumes Manuela Agnesini avec l’aide précieuse de Nathalie Trouvé
régie générale Arno Veyrat
régie plateau Thomas Dupeyron
régie son Stéphane Ley
assistant à la création lumière et régie Mallory Duhamel
directrice des productions Florence Meurisse
administrateur Clément Séguier-Faucher
chargée de production Justine Cailliau Konkoj

Production

Compagnie 111 – Aurélien Bory

Coproduction

ThéâtredelaCité – Centre dramatique national Toulouse Occitanie, Festival Montpellier Danse 2018, Agora – Pôle national des arts du cirque Boulazac Aquitaine, La Scala Paris, L’Onde Théâtre Centre d’Art / Vélizy-Villacoublay, avec la participation artistique de l’ENSATT, accueil en répétitions et résidences La nouvelle Digue / Toulouse, ThéâtredelaCité – Centre dramatique national Toulouse Occitanie

La compagnie 111 – Aurélien Bory est conventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie – ministère de la Culture, la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et la Mairie de Toulouse, elle reçoit le soutien du Conseil Départemental de la Haute-Garonne et de l’Institut Français

Galerie photo

Biographies

Aurélien Bory
Aurélien Bory est né à Colmar en 1972. Après des études de physique à l’Université de Strasbourg qui l’amènent à travailler dans le domaine de l’acoustique architecturale, il intègre en 1995 le studio de création au sein du Lido, Centre des arts du cirque, à Toulouse. Il rencontre au Théâtre Garonne l’artiste Mladen Materic auprès duquel il se forme comme acteur, et intègre sa troupe, le Théâtre Tattoo, en tant qu’interprète dans L’Odyssée de 1998 à 2000. En 2000, il fonde la compagnie 111 à Toulouse. Il y développe un théâtre physique et hybride, mêlant théâtre, danse, cirque, musique et arts visuels. Animées par la question de l’espace, ses œuvres composites à l’esthétique singulière sont influencées par son intérêt pour les sciences et s’appuient fortement sur la scénographie. Tour à tour scénographe, metteur en scène, chorégraphe ou encore plasticien, il pense son œuvre dans le renouvellement de la forme. Nourrie d’influences plastiques, littéraires et cinématographiques aussi diverses que celles de l’écrivain Heinrich von Kleist et son Théâtre de marionnettes, la figure du Bauhaus Oskar Schlemmer ou encore l’acteur de cinéma muet Buster Keaton, son œuvre puise également dans les textes d’auteurs tels que ceux de l’écrivain Georges Perec, qui accompagnent sa réflexion originelle sur l’espace et dont il s’inspire pour « Espæce » (2016), créée pour la 70e édition du Festival d’Avignon.
Les spectacles d’Aurélien Bory sont présentés dans le monde entier, et cette reconnaissance internationale débute avec Plan B (2003), créé au Théâtre Garonne à Toulouse, et Plus ou moins l’infini (2005) créé au Théâtre Vidy à Lausanne, marqués par la collaboration avec le metteur en scène new-yorkais Phil Soltanoff. Avec IJK (2000), créé au Théâtre de la Digue à Toulouse, ces trois spectacles composent La Trilogie sur l’espace. En 2007, il crée en Chine Les Sept Planches de la ruse avec des artistes de l’Opéra de Dalian. En 2009, il crée Sans objet au Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées avec deux acrobates et un robot industriel. En 2011 au Grand T à Nantes, il conçoit Géométrie de caoutchouc, pièce pour un chapiteau. Pour Marseille-Provence 2013 – Capitale européenne de la culture, il crée Azimut autour des origines spirituelles de l’acrobatie marocaine, neuf ans après avoir créé Taoub (2004), spectacle fondateur du Groupe acrobatique de Tanger. En 2008, il initie une série de portraits de femme, avec QUESTCEQUETUDEVIENS? créé au Festival ¡Mira! TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine pour la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster (nommé dans la catégorie « Meilleur spectacle de danse » aux Oliviers Awards 2014 à Londres), suivi de Plexus créé en 2012 au Théâtre Vidy à Lausanne pour la danseuse japonaise Kaori Ito (Prix international Applause Joan German Schroeder de la FAD Sebastià Gash de Barcelone, nommé dans la catégorie « Meilleure production de théâtre visuel ou physique » aux Helpmann Awards 2016 à Perth – Australie). En juin 2018, il conclut cette trilogie avec aSH, pièce pour Shantala Shivalingappa créée au festival Montpellier Danse.
Aurélien Bory reçoit en 2008 le prix Créateur sans frontières délivré par CulturesFrance / Ministère des affaires étrangères. Le TNT – Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées dont Aurélien Bory est artiste invité de 2014 à 2016 et le Grand T théâtre de Loire – Atlantique à Nantes dont il est artiste associé de 2011 à 2016 l’accompagnent dans son travail et son évolution. Son questionnement sur l’espace l’amène à s’aventurer sur de nouvelles scènes et investir de nouveaux champs artistiques tels que les arts plastiques, l’architecture ou encore l’urbanisme. Après avoir créé l’installation-performance Sans objet pour la Nuit Blanche 2014 à Paris, il est invité par Le Voyage à Nantes pour son édition estivale 2015 où il conçoit sa première installation plastique, Spectacula. C’est à Nantes également qu’il s’essaie à l’urbanisme avec Traverses, reconfiguration du boulevard Léon Bureau sur l’île de Nantes inaugurée en juillet 2016. La même année au Musée Picasso à Paris, il imagine l’installation-performance Corps noir pour l’interprète Stéphanie Fuster. Il a réalisé une scénographie d’exposition, Villes Flottantes, dans le cadre de l’événement Un été au Havre 2017 pour le 500e anniversaire de la ville du Havre et de son port. En octobre 2015, le Théâtre du Capitole à Toulouse lui confie la mise en scène et la scénographie de deux opéras dirigés par Tito Ceccherini : Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók et Il Prigioniero de Luigi Dallapiccola. Pour octobre 2018, sur invitation de l’Opéra Comique, il prépare la mise en scène de Orphée et Eurydice (Chef d’orchestre Raphaël Pichon).
Autre expression de sa réflexion sur l’espace, la préfiguration artistique et architecturale qu’il mène à Toulouse pour inventer un nouveau lieu de création dans les murs de l’ancien Théâtre de la Digue.

Shantala Shivalingappa

Née à Madras, élevée à Paris, Shantala Shivalingappa grandit dans un monde empreint de danse et de musique, initiée dès son enfance par sa mère la danseuse Savitry Nair. Profondément émue et inspirée par la pureté et la grâce du style du Maître Vempati Chinna Satyam, Shantala se consacre au « kuchipudi » et reçoit de son maître un entraînement rigoureux et intense. Elle se produit en solo, accompagnée de ses musiciens Indiens, dans de nombreux théâtres et festivals (entre autres: Théâtre de la Ville-Paris, Sadler’s Wells-Londres, Mercat de les Flors-Barcelone, Jacob’s Pillow Festival-USA, New York City Center, Herbst Theatre – San Francisco) avec le désir ardent de faire connaître le Kuchipudi en Occident, de partager sa passion avec le plus grand nombre.
En Inde comme en Europe, le public la reconnaît comme une grande danseuse, sa très haute qualité technique s’alliant à une grâce et une sensibilité remarquables. Depuis l’âge de 13 ans, elle a aussi eu le rare privilège de travailler avec les plus grands : Maurice Béjart (1789…et nous), Peter Brook (pour qui elle interprète d’abord Miranda dans La Tempête, puis Ophélie dans La Tragédie d’Hamlet), Bartabas (Chimère), Pina Bausch (O Dido ; Néfès ; Sacre du Printemps, Bamboo Blues), et Ushio Amagatsu qui crée un solo pour elle : Ibuki. Autant de rencontres qui font de son expérience artistique et humaine un parcours exceptionnel. Aujourd’hui, Shantala partage son temps entre la création de nouvelles chorégraphies de « kuchipudi », construisant un répertoire nouveau empreint de sa marque personnelle, et les tournées de ses spectacles. Passionnée par les rencontres humaines et le cheminement artistique qu’elles provoquent, Shantala se plonge également dans ses projets de collaborations avec différents artistes dans l’exploration de la danse, de la musique, et du théâtre. Ainsi, Play (2010), un duo avec le danseur et chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui ; Nineteen Mantras (2012), opéra moderne inspiré de mythes hindous, mis en scène par Giorgio Barberio Corsetti et dont Shantala a créé la chorégraphie, dansé par les élèves de l’Académie de la Scala à Milan ; Peer Gynt (2012) mis en scène par Irina Brook pour le Festival de Salzbourg, et où Shantala est danseuse, chanteuse et comédienne. En 2013, Shantala remporte le prestigieux Bessie Award, prix de la danse à New-York, pour sa « performance exceptionnelle » dans Shiva Ganga, un de ses solo kuchipudi. En 2014, elle joue dans AM I, une pièce de la Shaun Parker and Company au Sydney Opera House, en compagnie de 13 danseurs et musiciens australiens.

Loïc Schild
Loïc Schild est percussionniste, batteur et compositeur. Il s’est formé au conservatoire (classique et jazz), en Inde au centre Vijnanakaledi où il étudie le Maddalam (percussion cylindrique accompagnant le théâtre du sud de l’Inde : le Katakali) et les tablas. Sur scène et aux contacts de nombreux musiciens issus des scènes rock, musiques improvisées, hip-hop, camerounaises, populaires, traditionnelles et jazz, il améliore son potentiel créatif et technique. Il rencontre Dariush Zarbafian avec qui il travaille le zarb quelques années. Après environ 500 concerts avec le groupe Monkomarok (3 albums ENJA, Harmonia et Mundi), il acquiert une aisance particulière sur scène. Les cultures étrangères et les musiques contemporaines sont pour lui des pôles d’intérêts qui le passionnent depuis toujours. Il collabore dans le secteur des musiques actuelles, avec KNS, Aquacoustique, intervient ponctuellement sur des spectacles de théâtre et de danse, compose pour le documentaire et a signé une trentaine de compositions pour Cezame Music Agency. Il rend régulièrement hommage à son grand-père danseur, Ludolf Schild, qui fut l’un des premiers représentant en France de l’expressionnisme allemand. En 2019, le fond Ludolf Schild du centre national de la danse, crééra un site hommage. En 2018, il débute une collaboration avec la Compagnie 111 pour la pièce aSH d’Aurélien Bory avec la danseuse Shantala Shivalingappa.