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« Grandma had to tie up this chair so Grandad would stop sitting in it thinking of his great conceptual tunnel » Laure Prouvost – Fauteuil d’artiste #8

Fauteuils d'artistes
  • [Arts visuels]
  • [Fauteuil d'artiste]

Depuis près de 25 ans, Laure Prouvost s’attache à déconstruire les mots et le langage, les objets et leur perception, les images et leur représentation pour en proposer des variantes volontairement dysfonctionnelles qui mettent à mal les système de pensées qui régissent nos vies quotidiennes. À contre-courant d’un cadre efficace, performant et infaillible, sa pratique artistique s’emploie à montrer les petites choses, les résidus, le prosaïque, les banalités et aspérités qui subsistent en arrière plan d’une société qui élimine délibérément l’inutile et l’improductif.

Mais c’est précisément ces irrégularités et accidents qui informent, selon l’artiste, les rapports humains, et c’est à ce modeste endroit que les passions sont les plus grandes. L’oeuvre Grandma had to tie up this chair so Grandad would stop sitting in it thinking of his great conceptual tunnel (and starts helping in the kitchen), 2021 évoque aussi bien la série des Reliques que celle des Signs ; deux corpus devenus depuis près de 10 ans, emblématiques de l’oeuvre de Laure Prouvost.

Galerie photo

Les "Signs" de Laure Prouvost

Initiés en 2009, les Signs de l’artiste sont particulièrement identifiables et sont devenus emblématiques de son travail : ces panneaux de bois peints à la main (collage et vernis) l’accompagnent dans ses expositions et assurent une permanence familière auprès d’une oeuvre virtuose dont les ramifications ne cessent de se développer. Depuis près de 12 ans, ils officient comme contrepoints fidèles à la transversalité des propositions de Laure Prouvost, gardant intactes toute l’acuité et la pertinence propres à leur condition de « panneaux ».

La raideur de la mise en page centrée à l’adresse du spectateur ne subsiste guère à la lecture du texte et à la projection mentale qui s’ensuit nécessairement. Véritables trouées où se déploie l’imaginaire, les Signs se réalisent à la confluence des pratiques de Laure Prouvost : tout à tour objets, peintures mentales, performances, sculptures et installations, ils oeuvrent tous à la désorientation – des 5 sens, du langage, de l’espace, dont l’oeuvre de Laure Prouvost est activement empreinte. La radicalité formelle de la série n’empêche nullement la poésie et la fantaisie de l’artiste – bien au contraire, puisqu’elle offre une cohérence plastique à la pluralité des opportunités proposées par les Signs qui deviennent de la sorte des images.

Selon ce même principe, les Reliques associent un objet et un Sign, pour que ce transfert se fasse entre les deux éléments. L’oeuvre évoque le tunnel conceptuel qui occupe les pensées de Grandad depuis près de 15 ans, selon la mythologie familiale que tisse l’artiste à travers la myriade d’acteurs, de narrations et de motifs visuels qui la peuplent. C’est en 2010 que le personnage du Grand-père apparaît, dans les oeuvres vidéos I need to take care of my conceptual grandad et The Artist. Cette figure absente est à ce jour toujours portée disparu en creusant un tunnel vers l’Afrique, mais l’oeuvre de Laure Prouvost (les sculpture Shovels, la vidéo Burrow Me notamment) font régulièrement écho à sa mémoire, en attendant un retour qui se fait attendre. L’apostrophe ici à la figure inventée du Grand-père dont l’aide est requise à la cuisine par celle de la Grand-mère – tout aussi fictive, laisse entrevoir deux personnages pour un différend ordinaire – et par extension, un désaccord qui ouvre le champ des possibles à l’imaginaire pour envisager la complexité des relations qui les lient.

À l’opposé d’un système ordonné qui viserait à une clarification, un agencement, ces panneaux sont des percées mentales ressenties à la lecture. C’est cette double temporalité qui intéresse Laure Prouvost, alors qu’elle n’a de prise que sur la première : chaque vision est une échappée unique, une percée intime propre à chaque spectateur. Distillés dans le temps et dans l’espace, ces Reliques sont des gardes-fou inversés qui nous invitent précisement à dépasser le parapet et à se laisser tomber là où la logique, le réel et la raison n’ont plus cours ; des témoins d’insanité infiniment salutaires lorsque le réel aussi vacille gravement.

Biographie

Née en 1978 à Croix-Lille, Laure Prouvost vit et travaille entre Anvers, Belgique et Londres, Royaume-Uni.

Titulaire d’un Bachelor of Fine Arts du Central Saint Martins (Londres, 2002) et d’un Master of Fine Arts du Goldsmiths College (Londres, 2010), Laure Prouvost est l’une des artistesles plus reconnues de la scène contemporaine internationale. Laure Prouvost a représenté la France lors de la 58e édition de la Biennale d’art de Venise, en 2019. En 2020, Laure Prouvost a été invitée à participer à la Biennale de Sydney, NIRIN sous le commissariat de Brook Andrew. Le Pavillon Français de la 58e édition de la Biennale de Venise a fait l’objet d’une exposition itinérante aux Abattoirs de Toulouse puis au LAM – Villeneuve d’Ascq. En 2021, des expositions personnelles lui sont consacrées à la Kunsthal Charlottenborg à Copenhague (Danemark) et en 2024 à l’ACCA de Melbourne (Australie). Elle a bénéficié d’expositions significatives dans des institutions prestigieuses, notamment à la Kunsthal Charlottenborg avec Our elastic arm hold in tight through the claouds (Danemark, 2021), à la Kunsthalle Lissabon avec Melting into One Another Ho Hot Chaud it Heating Dip (Portugal, 2020), au MUHKA avec AM-BIG-YOU-US LEGSICON (Belgique, 2019), au Palais de Tokyo pour RING SING AND DRINK FOR TRESPASSING (France, 2018), au Bass Museum avec They Are Waiting for You (États-Unis, 2018), au Witte de With pour Para|Fiction, the wet wet wanderer (Pays-Bas, 2017), au SALT Galata avec The Uses of Art: Final Exhibition (Turquie, 2017), au Walker Art Center pour Laure Prouvost: They Are Waiting for You (États-Unis, 2017), au Consortium avec Dropped here and then, to live, leave it all behind (France 2016), au MMK pour ALL BEHIND, WE’LL GO DEEPER DEEP DOWN AND SHE WILL SAY (Allemagne, 2016), à la Kunsthall avec AND SHE WILL SAY: HI HER, AILLEUR, TO HIGHER GROUNDS… (Suisse, 2016), au Red Brick Art Museum avec Into All That Is Here (Pékin, 2016), à la Fondation Fahrenheit avec A Way To Leak, Lick, Leek (Los Angeles, 2016), au Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart pour We Will Go Far (Rochechouart, 2015), à la Haus der Kunst avec We would be floating away from the dirty past (Munich, 2015), au New Museum avec For Forgetting (New York, 2014), à la Whitechapel Gallery (Londres, 2013), à la Tate Britain pour Schwitters in Britain (Londres, 2013), à la Biennale de Lyon pour Entretemps… Brusquement, Et ensuite (Lyon, 2013), à l’Institute for Contemporary Art pour The Wanderer (Londres, 2013), à la Tate Britain avec Art Now Lightbox: Laure Provost: It, heat, hit (Londres, 2010). Laure Prouvost a été lauréate du Turner Prize en 2013, du Max Mara Prize for Women en 2011, du Principle Prize Winner, de la 56e et 57e édition du Oberhausen Short Film Festival en 2010 et 2011, du EAST International Award en 2009. En 2016, lui ont été remises les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite, puis en 2019 celles d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Le travail de Laure Prouvost est présent dans des collections publiques et privées de renom, telles que le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington, États-Unis), le Red Brick Art Museum (Beijing, Chine), la Kunsthal Luzern (Lucerne, Suisse), la Maramotti Collection (Reggio Emilia, Italie), la Morra Greco Foundation (Naples, Italie), la Videoinsight Collection(Turin, Italie), la Sandretto Collection (Turin, Italie), The Arts Council (Londres, Royaume-Uni), la Withworth Collection (Manchester, Royaume-Uni), The Contemporary Art Society (Londres, Royaume-Uni), la Saatchi Collection (Londres, Royaume-Uni), la Zabludowicz Collection (Londres, Royaume-Uni), la Cranford Collection (Londres, Royaume-Uni), le MAC/VAL (Vitry sur Seine, France), la Kadist Foundation (Paris, France), le Fond National d’Art Contemporain (FNAC, Paris, France), le FRAC Bourgogne (Dijon, France), le FRAC Champagne Ardennes (France), le Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart (Rochechouart, France) le Nouveau Musée National de Monaco (Monaco).

Laure Prouvost est représentée par la Galerie Nathalie Obadia Paris / Bruxelles depuis 2014.

Utilisant à la fois la vidéo, le dessin, la tapisserie, la céramique, la photographie, la performance et, par-dessus tout, le langage, Laure Prouvost crée des installations immersives qui plongent le spectateur dans un état d’introspection personnelle et collective. Les mots, les images, les souvenirs, les cinq sens, tout ce qui nous paraît tangible et fiable est âprement tourmenté par le fantastique des récits à double sens introduits par l’artiste. Facétieuse et pleine d’humour, sa relation au langage se nourrit de sa propre expérience et du décalage entre la langue parlée au quotidien, en Angleterre, et la langue maternelle. À travers ces va-et-vient, l’artiste interroge largement notre histoire culturelle et ce qu’il en reste au fil des déplacements ou des générations. En proposant un travail particulièrement novateur, singulier et organique, Laure Prouvost développe dans son œuvre une trame narrative cohérente et pénétrante, dont le fantasque et l’humour ne sont pas les seules ressources. Archiviste d’images, d’objets, de mots, d’artisanats, de fictions et de documents, elle rançonne le flux quotidien d’images et de textes qui nous assaille pour isoler les prodigieuses associations et combinaisons qui serviront en particulier ses histoires et la chronique de son œuvre en général. Au travers d’une approche approximative et peu scrupuleuse des principes de la traduction, une facilité déconcertante à traiter les notions d’apparence, d’hypothèse et d’ambiguïté dans les mythologies montées de toutes pièces qu’elle nous donne à voir et l’idée indicative qu’un drame, une défaillance ou un échec est toujours possible, Laure Prouvost construit méthodiquement une œuvre consistante et nécessaire. Et si elle se joue des effets de ces incidences et accidents, la perspective bien réelle d’un monde idéal se laisse entrevoir dans la générosité qu’elle apporte a son travail, comme au travers de fantaisies et de gaietés jamais affectées.

Devenir mécène d'un « Fauteuil d'artiste »

Devenir mécène des arts visuels présentés à La Scala Paris, c’est insuffler le meilleur de la création contemporaine dans ce nouvel espace de liberté en plein coeur de la capitale, encourager l’audace et l’hybridation des oeuvres. Individu ou entreprise, le mécène s’engage à verser 10 000 € à l’association La Scala Paris afin de permettre la production d’un « Fauteuil d’artiste. » Celui-ci demeure la propriété de l’artiste. Le mécène bénéficiera des avantages consentis par la loi du 1er août 2003 relative au mécénat – elle permet à un particulier de défiscaliser 66 % de son don, une entreprise 60 %. Son nom sera inscrit sur le cartel placé à proximité de l’oeuvre ainsi que sur tous les supports physiques et numériques de communication de La Scala Paris. Enfin le mécène disposera d’un quota de places en première catégorie pour les spectacles à l’affiche et d’invitations aux avant-premières et aux autres événements organisés durant la saison.